Derrière l’utopie, les faits : la voiture électrique pollue. Moins que les véhicules à moteur thermique, certes, mais elle pollue. Elle émet même jusqu’à neuf tonnes de CO2 sur l’ensemble de son cycle de vie, fait savoir l’ADEME. Et la cause est toute trouvée : la production de l’électricité utilisée pour recharger les véhicules. En Chine, par exemple, l’électricité provient de centrales à charbon. En France, c’est moins dommageable, car l’énergie vient du nucléaire. Afin d’y remédier, la solution serait alors de mettre au point des véhicules capables de se charger seuls, en puisant eux-mêmes l’énergie qu’ils dépenseront. Cela donnera alors un cercle infini, où il ne sera plus nécessaire de brancher son auto pour la recharger mais tout simplement de l’utiliser. À ce sujet, quatre innovations qui ont pris les devants.

Eclectic, le (petit) pionnier

Dévoilée au Mondial de l’automobile 2006, l’Eclectic, petite voiturette énergétiquement autonome construire par Venturi, pointait deux ans plus tard à la seconde place du classement  “Best Innovation of the Year” du TIME Magazine – juste derrière l’iPhone. Sa toiture entièrement constituée de panneaux solaires lui permettant l’autonomie énergétique, elle est alors considérée comme la première voiture entièrement autonome de l’histoire. Mieux encore, une petite éolienne intégrée d’une puissance de 300W lui permet de palier aux jours pluvieux. Déjà vendu, le véhicule peine toutefois à se démocratiser, son design – n’incluant aucune portière – le rendant peu praticable en ville.

Crédits : Venturi Eclectic

L’Immortus, ce bijou de design

La voiture se rechargeant seule – et pouvant ainsi rouler à l’infini – ne serait peut-être plus un songe. Ce grâce à l’Immortus, véhicule paradisiaque imaginé par le constructeur australien EVX. En association avec l’Université de Swinburne de Melbourne, la start-up compte incorporer 7m² de panneaux solaires sur la face supérieure du véhicule afin de le recharger lors de son utilisation. De quoi, en théorie, lui permettre de rouler indéfiniment, car sous les 60 km/h, l’énergie fournie suffit à alimenter la batterie de 10 kWh. Si le véhicule alimente continuellement la curiosité des visiteurs de salons automobiles, il n’en est encore qu’à l’état de prototype.

Crédits: EVX

Renault où l’art de réinventer ses classiques

Comme le rapporte Turbo, Renault a également fait son entrée dans la danse. En mai 2017, le constructeur français a équipé un Kangoo d’un système de recharge par induction, qui s’alimente seul pendant que le véhicule roule. Cet essai s’inscrivait dans un programme de recherche européen, impliquant également Qualcomm et l’institut Vedecom. Cette fois-ci, la route a elle aussi subi une certaine modification. Elle a été spécialement conçue pour l’occasion et équipée de générateurs de champ électromagnétique. Ainsi, en passant sur la route, la voiture, équipée de dalles réceptrices sous le châssis, s’est rechargée jusqu’à une vitesse de 100 km/h. Si l’expérience s’est avérée concluante, l’intégration d’un tel système demanderait tout bonnement de… reconstruire toutes les routes. Compliqué.

Crédits : Renault

La batterie de toutes les batteries

Développée par l’université de Warwick, la batterie ultime pourrait exploiter une technologie automobile bien connue : la pile à combustible – dans laquelle la génération d’une tension électrique se fait grâce à l’oxydation sur une électrode d’un combustible réducteur, comme l’hydrogène. “Ce que nous envisageons pour l’avenir est une combinaison d’une batterie électrique avec une pile à combustible agissant comme prolongateur d’autonomie, de sorte à ne produire aucune émission. Car lorsque la batterie reçoit peu d’énergie et s’appauvrit, la pile à combustible va ensuite la recharger” explique Mark Amor-Segan, le chercheur à l’origine de cette invention. La transition énergétique liée aux voitures électriques n’échapperait donc pas à l’aspect progressif qui s’applique à la transition générale. Il faudra alors tout d’abord composer avec des véhicules hybrides – mêlant électricité et solaire – avant d’arriver à une voiture totalement autonome.

Et Tesla, bien sûr

Qui de mieux placé que le constructeur emblématique du courant de la voiture électrique pour trouver le premier une solution viable ? Comme le fait savoir Wired, Elon Musk possède d’ores et déjà tous les ingrédients nécessaires. D’un côté, il a acquis SolarCity, qui n’est autre que le leader mondial en termes d’énergie photovoltaïque. De l’autre, il possède également Tesla, qui vient de dévoiler un camion totalement électrique. Il ne lui reste plus qu’à fusionner ces deux atouts afin de, pourquoi pas, équiper la toiture de l’engin avec des panneaux solaires. Bien sûr, ce n’est pas si simple. La batterie du véhicule est très gourmande en énergie, et la simple présence de panneaux solaires demanderait 80 heures d’exposition afin de recharger le véhicule à blocs. Mais connaissant Elon Musk, il n’est pas impossible qu’il surgisse de nulle part avec une solution miracle. La balle est dans son camp.