Depuis son lancement fin avril, le nouveau bébé de Nintendo cartonne. Sous la forme de kits en carton, le « Nintendo Labo » réconcilie travaux manuels et jeu vidéo. Si les avis sont partagés sur la réelle plus-value de l’innovation, l’idée de marier activité virtuelle et manuelle pour les enfants est saluée, et illustre une nouvelle fois la capacité de la firme à se démarquer par ses concepts, plus que par la course à la puissance technologique.

Entre LEGO et IKEA

C’est ainsi qu’est décrite la première étape du jeu par Le Huffington Post. L’heureux détenteur du Nintendo Labo déballe à toute vitesse l’une des deux premières boîtes sorties sur le marché fin avril, et tombe nez à nez avec des morceaux de carton prédécoupés et des élastiques, qui constituent en réalité cinq kits pour créer ses propres jouets : un piano, une moto, une maison, une voiture télécommandée, et même une canne à pêche. Une fois face à son carton, le joueur doit s’armer de toute sa patience, peut-être érodée par des années d’écran, pour assembler les différents éléments en suivant les instructions du logiciel sur la Switch, la console portable Nintendo pour laquelle a été conçu le jeu : étape par étape, à son rythme, l’apprenti ingénieur donne forme à son « Toy-Con ». Une, deux, voire trois heures de travail sont parfois nécessaires selon l’âge, le jeu visant les enfants de 6 à 12 ans. Pour la moto, on démarre par le klaxon, avant d’assembler les poignées, l’accélérateur, le guidon… Rien n’est laissé au hasard.

Crédits : Nintendo

Mini-jeux

Une fois ce travail minutieux terminé, les plus perfectionnistes décoreront à coups de feutre et d’autocollants leur nouveau jouet. Les autres se jetteront, exténués, sur la Switch et ses manettes, et la glisseront dans l’objet en carton, qui dispose d’emplacements prévus pour elle : là commence l’expérience vidéoludique en elle-même, sur laquelle les avis sont plus mitigés. Elle consiste en des mini-jeux, adaptés à l’objet assemblé, qui sont assez semblables à ceux de la Wii Play et du jeu 1-2-Switch, mais révèlent toute la sophistication technologique des manettes de la Switch – qui sont équipées de haut-parleurs, d’un écran tactile, de caméras infrarouge, d’un système gyroscopique, et émettent des vibrations. À cet égard, ceux qui ont testé la nouvelle coqueluche des gamers ont encensé le piano en carton et en élastiques, dont les notes s’échappent comme par magie lorsqu’on actionne son clavier à 13 touches, grâce aux détecteurs de mouvement de la console. Plus qu’un jeu de bricolage, une véritable initiation à la musique.

Crédits : Nintendo

Stimuler la créativité

Certains ne manqueront pas de critiquer Nintendo Labo, jugé parfois peu révolutionnaire, gadget, trop cher –effectivement, le prix entre 60 et 70 euros peut sembler excessif au vu du contenu lo-fi de la boîte – mais on doit lui reconnaître le mérite de redonner au jeu vidéo une dimension tangible et manuelle, et de rappeler que des bouts de carton suffisent parfois à s’occuper pendant des heures.

Surtout, la véritable force du Nintendo Labo est une option un peu dissimulée et particulièrement appréciée : l’outil de programmation inclus dans les boîtes, « l’Atelier Toy-Con », permet aux joueurs de détourner les usages de ses jouets en carton, et d’en multiplier les possibilités. Diriger sa voiture télécommandée avec sa canne à pêche, ou encore transformer sa voiture en instrument de musique, par exemple, comme l’explique une vidéo Nintendo.

L’autre avantage est qu’il est moins grave de se lasser rapidement d’un jouet en carton qu’en plastique. Et pour garder en haleine ses gamers, Nintendo a prévu de sortir régulièrement de nouveaux kits. Elle propose déjà sur le marché une deuxième boîte qui permet d’assembler un robot ! Bref, le constructeur japonais a renoué avec ses vieilles amours, en alliant le papier, la tech et la vidéo dans un même jeu, face auquel les parents céderont probablement plus volontiers qu’auparavant.

Crédits : Nintendo