Le réchauffement climatique est aujourd’hui, selon l’Accord de Paris, une « menace pressante » qui, entre autres conséquences, détruit les écosystèmes et pousse des populations à l’exil. Les besoins et habitudes de consommation en sont largement responsables pour ce qu’ils génèrent de transport et d’activité industrielle. Mais de nouveaux modes de consommation et un changement de mentalité déjà observables pourraient inverser la tendance.

Réduction des besoins en énergie

Une équipe internationale de scientifiques a publié en ce mois de juin dans le journal scientifique Nature, un article optimiste quant à la possibilité de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d’ici 2100, soit l’objectif fixé par l’Accord de Paris. Contrairement à la plupart des scénarios actuels, qui considèrent qu’un tel objectif n’est atteignable qu’à condition de changements radicaux dans les modes de production et de consommation, les rédacteurs de l’article considèrent que les tendances déjà observables sont prometteuses.

Selon eux, ces tendances en germe dans la plupart des sociétés occidentales devraient, si elles se poursuivent, générer une baisse des besoins énergétiques de l’ordre de 40 % d’ici 2050. En découlerait une baisse des émissions carbone et donc de l’effet de serre, ce qui limiterait – sans y mettre fin – le réchauffement climatique.

Consommation durable

Dans un entretien accordé à Wired, Arnulf Grubler, qui a dirigé l’équipe de scientifiques, explique que la recherche de l’efficacité énergétique à la fois chez les producteurs et les consommateurs était la clé. Si les individus et les entités comme les villes ou les entreprises se donnent pour objectif d’optimiser leur consommation d’énergie, quelle qu’en soit la raison, alors le réchauffement climatique pourrait être amplement réduit.

Or les tendances actuelles pointent dans ce sens :  l’économie du partage tend à mutualiser les biens – notamment les voitures et d’autres objets gourmands en énergie – et la généralisation des smartphones limite l’achat de téléviseurs, par exemple, qui consomment beaucoup plus d’énergie. Par ailleurs, de nombreuses innovations ont explicitement pour but de limiter les émissions de gaz à effet de serre tout en allant dans le sens de l’optimisation énergétique. C’est par exemple le cas des panneaux solaires. Ces objets, en plus de créer de l’énergie propre, ont été construits dans une logique d’optimisation : quand les panneaux produisent « trop » d’électricité, celle-ci est redistribué dans le réseau public, et non perdue à jamais.

Des raisons de douter

Ce scénario est donc particulièrement séduisant, puisqu’il se fonde sur l’idée que le développement des pays les plus pauvres et la baisse globale de la demande d’énergie sont compatibles. Mais de nombreux experts estiment qu’une telle chose est impossible.

En juillet 2017, une équipe de chercheurs estimait en effet que les chances de limiter le réchauffement climatique à 2°C d’ici 2100 étaient de l’ordre de 5 %. Cette estimation a pourtant pris en compte les efforts pour réduire l’utilisation d’énergies fossiles et les émissions de gaz à effet de serre, mais les scientifiques ont jugé qu’il n’y aurait pas de basculement massif vers les énergies renouvelables. Toutefois, ils n’ont pas inclus les comportements induits notamment par les nouvelles technologies.

En somme, la solution pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique, semble être à la fois technologique, politique et sociale. La complémentarité entre des biens durables (car ayant une consommation énergétique optimale), et des modes de vie collaboratif pourrait bien en être la clé.

Auteur : Côme Allard de Grandmaison