Les incendies de l’été 2017 ont été particulièrement destructeurs pour la France. Or les facteurs aggravants semblent durablement installés pour faire de cet été la norme, comme l’explique The Conversation : le réchauffement climatique génère une augmentation des périodes sècheresses et accroît le risque d’évènements extrêmes susceptibles de dégénérer en incendies. Pour lutter contre ces phénomènes, les pompiers se tournent vers les nouvelles technologies depuis quelques années.

Inévitables drones

En plus de ravager des milliers d’hectares, les feux de forêts emportent chaque année leur lot de victimes (environ 2000 en 30 ans). Pour réduire ces risques, plusieurs sociétés ont développé des drones capables de ralentir la progression les feux. Le site Futura Sciences rapporte ainsi que l’industriel américain Lockheed Martin a développé un tandem composé d’un drone Stalker et d’un hélicoptère autonome K-Max. Le premier détecte les feux de forêts, alors que le second – doté d’un réservoir d’eau – est guidé par le drone vers les foyers d’incendie. Dans le même registre, la société catalane Singular Aircraft a créé le plus gros hydravion autonome à l’heure actuelle, le Flyox 1. Selon Le Monde, il peut emporter jusqu’à 2 000 litres d’eau ou de retardant, et dispose d’une autonomie supérieure à six heures.

Aide au sol

Mais les incendies n’ont pas lieu que dans les forêts. Les espaces clos présentent des risques importants pour les pompiers. Afin de réduire ces risques, des chercheurs de l’Université de Tohoku et de l’Institut de Technologie d’Hachinohe au Japon ont développé le Dragon Fire Fighter, présenté au mois de mai 2018 lors de la Conférence Internationale sur la Robotique et l’Automatisation. Ce robot utilise des jets d’eaux directionnels à forte pression pour se mouvoir et viser les foyers d’incendies. De plus, il est relié à un chariot actionné à une distance d’environ trois mètres par un pompier. Selon le site IEEE Spectrum, l’intérêt de ce projet réside dans le fait que ce robot peut accéder à des zones invisibles ou inaccessibles aux pompiers car masquées par des obstacles ou des fumées très denses. Il leur permet donc de gagner en efficacité, mais aussi de ne pas prendre de risques inconsidérés.

Un substitut complet au pompier ?

En 2015, l’US Navy franchi une étape supplémentaire en dévoilant le prototype d’un robot-humanoïde censé pouvoir à terme se substituer aux pompiers afin de lutter contre les incendies sur les bateaux. Intitulé SAFFiR, ce robot est capable d’ouvrir des portes, de manipuler une lance à un incendie et de voir à travers la fumée. Pour l’instant téléguidé par des opérateurs humains, il pourrait devenir autonome, selon The Verge, grâce à l’aide d’un drone qui détecterait les feux en amont et transmettrait à SAFFiR la route à suivre. La Navy ne souhaite toutefois pas retirer les pompiers de ses navires, mais espère limiter les risques pour eux.

Assistant-pompiers

En parallèle de ces projets, de nombreuses innovations technologiques permettent déjà aux pompiers d’agir avec plus d’efficacité et de sécurité. Les sapeurs-pompiers de Paris utilisent déjà le robot Colossusen soutien de leurs actions. Il n’a pas vocation à se substituer aux pompiers, mais permet, selon Le Figaro, de transporter de nombreuses charges, de déplacer des obstacles et de repérer des fuites de gaz ou foyers d’incendies. Il s’agit, en somme, d’un bon allié.

Les robots-pompiers, qu’ils soient déjà actifs ou en développement, contribuent donc aux côtés d’autres innovations technologiques à sauver des vies. Ils permettent en effet d’accroître l’efficacité et la rapidité des pompiers dans leur lutte contre les incendies, tout en les protégeant mieux.

Auteur : Côme Allard de Grandmaison