Du 29 août au 12 septembre 2017, l’ouragan Irma a dévasté la Floride ainsi qu’une bonne partie des Caraïbes. S’il semble impossible d’empêcher une catastrophe naturelle d’une telle ampleur, les chercheurs rivalisent d’ingéniosité pour tenter d’y parvenir — ou du moins d’en réduire l’ampleur. Et quand bien même ils n’y parviendraient pas, une autre branche de la recherche, basée sur la technologie et notamment les applications, a mis au point différents moyens de communiquer en état d’urgence.

Refroidir les océans pour éviter les ouragans ?

Tout d’abord présentée en 2007 au gouvernement américain après l’ouragan Katrina, puis relancée en 2012 par le Guardian à la suite de l’ouragan Sandy, la technologie de refroidissement des océans baptisée Salter Sink est de nouveau d’actualité. Brevetée en partenariat avec une entreprise américaine soutenue par Bill Gates, la méthode de refroidissement imaginée par Stephen Salter, géo-ingénieur anglais, consiste à mélanger les eaux chaudes de surface avec les eaux plus froides des profondeurs. La cuillère qui permettrait cette prouesse serait constituée de milliers de vieux pneus attachés les uns aux autres pour soutenir des tubes en plastique de 100 à 300 mètres de long et 100 à 200 mètres de large. Cela pourrait permettre d’empêcher la formation des ouragans, ou du moins d’en réduire l’intensité, sachant que ceux-ci se forment lorsque les températures de la surface de la mer sont trop élevées.

Recenser les pluies pour voir venir les inondations

Composée d’Ingénieurs en Gestion des Risques Naturels, Cartographes, Ingénieurs Hydrologues, Statisticiens et Géomaticiens, l’équipe de Predict, basée à Strasbourg, scrute jour et nuits les données des radars météo et les pluies qui s’abattent sur la région. Actualisées toutes les cinq minutes, ces informations permettent aux experts de voir venir puis de simuler en 3D l’impact des précipitations sur les communes couvertes. Très développée en France, où plus d’une commune sur deux est surveillée, la technologie Predict tente désormais de s’implanter à l’international.

Une agence de détectives dédiée aux catastrophes naturelles ?

Comment pouvons-nous optimiser les conclusions à tirer des catastrophes naturelles ? Scott Knowles, historien spécialisé dans les catastrophes naturelles à l’université Drexel, a une idée, selon lui bien plus efficace que les études déjà existantes, qu’il juge peu informatives. Il a pensé à la création, aux États-Unis, d’une agence fédérale dont le rôle serait d’organiser des enquêtes sur d’éventuelles catastrophes naturelles. Joint par Wired, Knowles a donné plus de précisions quant à son projet. « Nous avons plein d’agences que nous finançons pour leurs travaux, mais ce qu’il nous manque c’est un policier spécialisé dans les catastrophes, capable de dire “ceci a marché, cela moins, il y a des similarités entre ça et ça, nous devrions exploiter telle piste…” Et ainsi dévoiler publiquement les résultats pour avertir la population. »

Communiquer en état d’urgence peut sauver de nombreuses vies

Prédire une catastrophe naturelle relevant de l’exploit, de nombreuses initiatives ont vu le jour pour faciliter la communication entre les autorités et les citoyens en cas de séisme, ouragan ou tsunami. Parmi celles-ci, l’application Zello, qui a gagné six millions d’utilisateurs lors de l’ouragan Irma, rapporte Recode. Inspirée du mode de fonctionnement d’un talkie-walkie, elle permet, depuis n’importe quel smartphone, de se connecter à des chaînes thématiques et d’échanger à haute-voix. Elle a été d’un grand secours aux habitants des zones sinistrées. À Berlin, une application existe aussi pour que les autorités puissent communiquer en temps réel avec les citoyens : Katwarn. Sous forme de notifications push, la police peut ainsi prévenir d’un danger imminent dans la zone où se trouve l’utilisateur, qui pourra ainsi se mettre à l’abri. Mieux encore, celle-ci est directement connectée aux panneaux publicitaires de la ville, sur lesquels elle peut afficher des informations quant aux risques encourus.

Le dernier recours de Robin Murphy

Des progrès post-catastrophes sont aussi à relever. Robin Murphy, directrice du Department of Computer Science and Engineering de l’université A&M du Texas, a mis au point une gamme de robots spécialement conçus pour agir en situation d’urgence. Présentés lors d’une conférence TED, ceux-ci sont capables de voler, creuser et nager pour prêter main forte aux secouristes. Totalement agiles, ils peuvent également jouer le rôle d’éclaireurs en se faufilant sous les décombres pour fournir des informations.