Au-delà du vieillissement physique, que beaucoup cherchent à combattre à coups de botox et d’esthétisme, il y a le vieillissement cellulaire. Bien plus sérieux, il cause l’apparition de nombreuses maladies, dont la démence, qui touche 47,5 millions de personnes dans le monde. Parmi celles-ci, 70 % sont atteintes de la maladie d’Alzheimer. En France, selon l’OMS, une personne sur quatre âgée de plus de 65 ans sera touchée à l’horizon 2020. Pour essayer de freiner le fléau qu’est le vieillissement, les chercheurs multiplient les expériences. Voici les plus concluantes à ce jour.

Bloquer une enzyme pour inverser la perte de mémoire

Chez un patient atteint d’alzheimer, l’enzyme HDAC2 est responsable du « blocage » qui empêche la formation de la mémoire. Dans MIT News, la chercheuse Li-huei Tsai déclarait en août avoir réussi à viser cet enzyme sans affecter le reste des gènes : « Si nous parvenons à arrêter ce blocage en entravant l’activité de l’enzyme HDAC2, alors nous pourrons restaurer la fonction première de tous les gènes, tels que l’apprentissage et la mémoire. »

Et si on donnait un coup de jeune à nos cellules ?

Publiée le 24 mars 2017 dans la revue Science, une étude menée par l’université de Nouvelles-Galles-du-Sud en Australie affirme avoir identifié un mécanisme cellulaire qui permet d’inverser les effets du vieillissement chez la souris. Après cette étape, les scientifiques ont mis au point un médicament capable de réparer l’ADN des rougeurs. « Les cellules des vieilles souris étaient impossibles à distinguer de celles des jeunes souris après seulement une semaine de traitement », explique David Sinclair, l’un des chercheurs. Prochain objectif : étendre cette trouvaille à l’échelle humaine et, si tout se passe bien, « mettre un médicament sur le marché d’ici trois à cinq ans ».

Et si on donnait un coup de jeune à nos cellules (avec le cannabis) ?

« Une petite dose chronique de THC restaure les fonctions cognitives d’une vieille souris ». Le titre de l’étude publiée le 8 mai dans Nature Science est on ne peut plus éloquent. Des chercheurs de l’université allemande de Bonn et de l’université hébraïque de Jérusalem ont administré pendant quatre semaines un traitement à des souris âgées de 12 à 18 mois. Des souris âgées de deux mois ont été utilisées comme groupe de référence. L’élément principal de ce traitement n’était autre que le THC, cannabinoïde responsable de la « défonce ». Résultat : « C’est comme si le THC avait renversé l’horloge moléculaire ! » déclarait Andreas Zimmer, scientifique responsable de l’étude. Si le chemin est long pour passer du rongeur à l’Homme, les chercheurs ont ici peut-être trouvé un nouveau moyen de lutter contre les maladies dégénératives du cerveau, liées au vieillissement des cellules.

Demain, tous cyborgs ?

« Donc, vous ne voulez pas mourir ? » demandait The Atlantic à Zoltan Istvan le 18 février 2017. Question à laquelle l’homme faisant alors figure de candidat transhumaniste à la présidence des États-Unis répondait par « jamais ». S’il a réalisé un flop aux présidentielles, Istvan est néanmoins le porte-parole d’un courant dont les limites sont encore inconnues à ce jour. Certains médias, dont L’Express et Tracks, vont jusqu’à se demander si le transhumanisme ne permettrait pas, in fine, l’immortalité. Pour rappel, le principe est simple : lorsqu’un membre du corps humain est déficient, on le remplace par un membre artificiel, qui améliorerait considérablement les capacités physiques et/ou mentales de son porteur. L’ultime remède face à la vieillesse ?