Alors que les gamers du monde entier se demandent à quoi ressemblera la PlayStation 5 ou la Xbox Two, certains voient plus loin encore. Yves Guillemot, le PDG du créateur de jeux vidéo français Ubisoft, estime ainsi que la prochaine génération de console sera la dernière. Ce changement majeur pourrait bien révolutionner l’industrie vidéoludique, qui pesait plus de 100 milliards de dollars en 2017.

Streaming

Au début du mois de juin, Yves Guillemot a expliqué à Variety que, le streaming devenant de plus en plus accessible, il allait remplacer les consoles hardware. Concrètement, cela signifie que les calculs nécessaires au fonctionnement des jeux vidéo ne seront plus réalisés sur un ordinateur spécialisé à domicile (une console), mais sur des serveurs distants accessibles grâce à une connexion internet.

Ce procédé est déjà développé par des entreprises comme NVIDIA, qui a créé le service GeForce Now. Celui-ci permet à un ordinateur, même peu performant, de devenir un terminal de jeu vidéo. La société Valve propose, en plus d’un service similaire à GeForce, de rendre accessible des jeux d’ordinateurs sur smartphone ou télévision. Un simple boîtier et l’installation de l’application Steam Link suffisent. Ce service, toutefois, est encore imparfait selon Ars Technica, qui juge les exigences en terme de réseau quasiment irréalistes.

Transformation des modes de jeu

Ce type d’évolution semble répondre aux attentes des gamers. Les acteurs de l’industrie du jeu vidéo s’accordent en effet sur une chose : leurs clients souhaitent désormais pouvoir jouer sur différents supports, sans concession sur la qualité. Les jeux sur smartphones prennent notamment une part de marché de plus en plus importante (42 % en 2017). Les développeurs y voient une opportunité, mais aussi un défi : réaliser des jeux de qualité accessible aussi bien sur smartphone que sur un téléviseur ne sera pas chose aisée, selon Yves Guillemot.

De leur côté, les principaux constructeurs de console ne semblent pas prêts à abandonner leur place sur le marché. Le succès de la Nintendo Switch, une console qui peut être utilisée pour jouer sur une télévision ou sur un support mobile, rappelle que les constructeurs ont de la ressource pour répondre à ces nouvelles attentes.

Bientôt optimal   

Par ailleurs, se pose aujourd’hui la question de la faisabilité du streaming de jeux vidéo. La prédiction d’Yves Guillemot peut en effet dérouter ceux ayant déjà fait l’expérience des jeux vidéo en réseaux. Les problèmes de connexion engendrant lags (ou latence) et abandons de partie sont fréquents ; on comprend ainsi les réticences de certains vis-à-vis du streaming.

Mais la généralisation de l’Internet gigabit, transporté notamment par la fibre optique, devrait permettre de résoudre ces problèmes. Par ailleurs, des technologies sont présentement développées pour lutter contre les lags, comme le rapportait Ars Technica depuis 2014 : Microsoft travaille sur DeLorean, un système visant à réduire au maximum le temps de latence pour le joueur en anticipant ses actions.

L’accélération du débit des connexions Internet et les innovations dans le secteur du streaming de jeux vidéo semblent donc de nature à confirmer les prédictions des développeurs de jeux. À quand un Netflix du jeu vidéo ?

Auteur : Côme Allard de Grandmaison