Le biomimétisme suit un procédé simple : innover en s’inspirant des capacités naturelles de certains êtres vivants, comme la force surhumaine des fourmis ou la souplesse des cafards. Une fois dotés de ces capacités, certains robots peuvent se révéler être d’une aide précieuse pour les secours lors de catastrophes naturelles ou pour assister l’humain lors de missions périlleuses.

CRAM, le robot-cafard qui se faufile partout

Le principal inconvénient des nuisibles, comme les cafards, est sans aucun doute leur capacité à se faufiler dans le moindre recoin de nos habitations, voire même de réduire leur taille de moitié pour parvenir à leurs fins sans affecter leur cadence. Cette plaie, les chercheurs de l’université de Californie à Berkeley l’ont exploitée à bon escient, avec la création du Compressible robot with articulated mechanisms (CRAM), le robot-cafard. Selon les premiers rapports, publiés dans PNAS, la vocation de ce petit robot est toute trouvée : le secourisme.“S’il y a un grand nombre de fissures et conduits, on peut imaginer envoyer un groupe de ces robots pour localiser les survivants et les points d’entrée sûrs pour les sauveteurs”, explique Robert Full, l’un des inventeurs du petit robot.

Un gecko dans l’espace

Le gecko a la particularité de pouvoir adhérer à toutes les surfaces, grâce aux  lamelles adhésives (comparables à des ventouses) naturellement placées sous ses doigts. Si des gants inspirés de cette capacité ont d’ores et déjà vu le jour, permettant aux amateurs d’escalade de pouvoir grimper partout, une utilisation robotique pourrait permettre de grandes choses – et pas que sur Terre. Ça, l’Agence spatiale européenne (ESA) l’a bien compris en créant Abigaille III, le robot inspiré du gecko, capable d’évoluer sur des surfaces horizontales comme verticales et ainsi d’éviter aux astronautes des sorties risquées dans l’espace, notamment lors de réparations du vaisseau.

Ce robot-tarentule pourrait devenir un héros

Seul dans son garage, l’ingénieur norvégien Kåre Halvorsen (dit Zenta) s’est équipé d’une imprimante 3D pour donner naissance à Mx-Phoenix, un robot-tarentule tout terrain. Composé de 6 pattes contenant chacune 3 moteurs, il est à ce jour plutôt lent. Au même titre que le gecko, sa mobilité améliorée lui permet d’accéder à des zones difficiles pour l’homme. Il pourrait alors composer un éclaireur de choix, et mieux encore, s’il gagne en robustesse, aider à sortir des humains des décombres.

Un lémurien dans la team

Grimper, ramper et se faufiler, c’est bien. Mais il manque un élément important pour que l’attirail de robots secouristes soit entièrement performant : l’acrobate. Celui-ci est tout trouvé avec le bien nommé Salto, robot inspiré du lémurien, lui aussi créé par des chercheurs de l’université de Californie à Berkeley. Avec 26 centimètres pour 100 grammes à la pesée, il ne pèse pas lourd mais est capable de sauter à 1 mètre de haut, soit presque quatre fois sa taille, tout en rebondissant. Ses capacités pourraient s’avérer providentielles dans les éboulis, où il est parfois difficile pour les secouristes d’escalader les décombres.

Le zoo robotique de Festo

La branche Bionic Learning Network de la firme allemande Festo s’inspire de la nature pour produire des solutions destinées à l’usine de demain. Parmoi ce véritable petit zoo maison, l’on retrouve les BionicANTs, un essaim de robots-fourmis dont l’esprit collaboratif et l’organisation lors de l’exécution d’une tâche n’a rien à envier à celui des véritables insectes. Les chercheurs ont également mis au point les eMotionButterflies, insectes électroniques ultra-légers capable de voler collectivement, avec la souplesse d’un papillon.