Lorsqu’il était ministre de l’Économie, Emmanuel Macron déclarait : « Le robot n’est pas l’ennemi de l’emploi. » Sur le fond, il n’a pas tort. Initialement, les “cobots” (robots collaboratifs) ont été créés dans une optique d’assistanat. En d’autres termes, ils sont censés être des super-collègues infaillibles voués à effectuer des tâches répétitives, ennuyeuses et fatigantes pour l’être humain. Toutefois, c’est bien leur côté parfait qui inquiète et nous fait craindre qu’ils ne menacent la survie de nos emplois. Mais est-ce vraiment le cas ? Les robots vont-ils dévier de leur fonction première pour, in fine, remplacer les humains ? Les études prospectives se multiplient et se contredisent, mais la réponse penche plutôt vers un non. Et cela pour six raisons bien précises.

Les exemples sud-coréen, japonais et allemand

Le rapport publié en 2012 par l’International Federation of Robotics (IFR) est clair. Les pays les plus robotisés (la Corée du Sud, le Japon et l’Allemagne) sont aussi ceux avec le plus faible taux de chômage. Prenons l’exemple de la Corée du Sud. En 2014, le pays comptait 478 robots industriels pour 10 000 employés en chair et en os, et affiche aujourd’hui un taux de chômage de 3,8 %. En France, on dénombrait à la même période 84 robots pour 10 000 employés. Pour un taux de chômage de 9,5 % en avril 2017.

Les robots créent plus d’emplois qu’ils n’en détruisent

Selon une étude conduite par le cabinet anglais Metra Martech, les robots vont changer la nature du travail et engendrer la création de nombreux nouveaux métiers dans les prochaines années. Le million de robots industriels actuellement déployés seraient déjà responsables de la création de trois millions d’emplois. Et les choses ne vont aller qu’en s’arrangeant. Le développement de la robotique dans les cinq prochaines années devrait encore créer un million d’emplois qualifiés dans le monde.

85 % des emplois de 2030 n’existent pas encore aujourd’hui

C’est la conclusion qu’ont tiré une vingtaine d’experts du think tank californien Institute for the Future. Cela signifie qu’un jeune actif aujourd’hui a cinq chances sur six d’occuper, en 2030, un métier inexistant à l’heure actuelle.

Fini le mal de dos !

Les prévisions du Boston Consulting Group peuvent effrayer. En février 2015, le cabinet estimait qu’à l’horizon 2025, les robots traiteront 25 % des tâches automatisables en usine. Attention toutefois à ne pas se méprendre. Il s’agit ici de tâches répétitives, fatigantes et nuisibles pour la santé. Rien qu’en France, le travail à la chaîne affecte encore aujourd’hui près de trois millions de salariés. Si les robots s’occupent de ces tâches, l’humain pourra alors s’adonner à des missions plus créatives et mieux rémunérées, sans pour autant s’abîmer la santé.

Ils pourraient relancer l’industrie, tout simplement

Co-leaders en la matière (avec la Corée du Sud), l’Allemagne et le Japon sont souvent cités à titre d’exemples lorsqu’il s’agit de démontrer le bien-fondé de l’arrivée des robots. Dans un rapport publié en 2012 sur Fondapol, Robin Rivaton affirme que « les investissements robotiques des industries automobiles allemande et japonaise ont permis de maintenir leurs positions sur le marché automobile et, in fine, les emplois liés à cette filière. Il n’est de richesse que d’usines et la robotique est bien une solution pour nous assurer la maîtrise des outils de production ». Autrement dit, la robotique pourrait bien permettre à des secteurs aujourd’hui moribonds de se relancer. Et donc d’embaucher de nouveaux salariés.