Non, ce n’est pas le pitch d’un roman de SF mais bien la réalité. Pour Elon Musk, la fusion est notre seul moyen de ne pas finir totalement dépassés par l’intelligence artificielle, rapportait le Wall Street Journal le 27 mars dernier. Facile à dire, certes, mais si difficile à faire ? Pas vraiment. Voici comment cela devrait se passer, si nous suivons le plan (pas encore très clair, cela dit) du multi-milliardaire.

« Nous sommes déjà des cyborgs »

En 2016, Elon Musk estimait que nous étions déjà intimement liés à la machine, rappelle The Verge. Il indiquait alors que les mails, réseaux sociaux et smartphones n’étaient autres que des augmentations de l’Homme. Cependant, ces « super-pouvoirs » sont limités par la lenteur des interfaces digitales et vocales actuelles. Il commence alors à évoquer la fusion entre l’Homme et l’ordinateur.

Fusionner par nécessité

Elon Musk ne l’a jamais caché : s’il a participé à la création d’OpenAI, c’est pour évaluer tout le potentiel de l’intelligence artificielle dans le but de nous en protéger. Cette organisation, qui rassemble plusieurs grands noms de la Silicon Valley, travaille à développer une intelligence œuvrant pour le bien de l’humanité. C’est donc en regardant son équipe travailler quotidiennement au développement d’une IA qu’Elon Musk a déduit que l’Homme devrait forcément fusionner avec la machine s’il souhaite rester pertinent ici-bas.

Il n’est pas le premier à avoir eu l’idée

Bien sûr, de nombreux auteurs de science-fiction ont déjà dépeint un tel monde futuriste où l’Homme serait contraint de ne faire qu’un avec la machine pour espérer survivre. Toutefois, en 2015, l’expérience a été faite, et ce de manière réelle. Comme le rapportait The Smithsonian, Charles Lieber, nanotechnologiste à l’université de Harvard, a injecté un circuit reliant les neurones d’une vieille souris. Son rôle était « d’écouter » les conversations entre ceux-ci et d’ainsi interagir avec l’activité cérébrale du rongeur. La motivation n’était cependant pas aussi dystopique que celle de Musk, puisque Lieber voulait ici « simplement » trouver un moyen de révolutionner l’activité cérébrale.

Passage à l’action : il crée Neuralink

C’est bien connu, lorsqu’Elon Musk parle de l’un de ses projets, il ne s’agit pas que de belles promesses. Il a déjà repris les rênes de Tesla pour la voiture électrique et fondé SpaceX pour les voyages spatiaux. C’est donc tout logiquement qu’il a lancé, en 2016, Neuralink, son entreprise de biotechnologie. Dans un long entretien accordé au blog Wait but Why, Musk déclarait travailler à la « création de quelque chose qui aide les patients frappés de certaines lésions cérébrales graves (accident vasculaire cérébral, cancer, maladie congénitale) d’ici environ quatre ans. » Ce « quelque chose » serait en réalité un cordon cérébral pour relier nos cerveaux à des ordinateurs. Laurent Alexandre, entrepreneur et spécialiste du transhumanisme, expliquait à Usbek & Rica que « l’idée est de faire passer les dispositifs par les vaisseaux du cou, de manière à ne pas ouvrir la boîte crânienne. Ces dispositifs sont destinés à aller se coller entre les neurones et les vaisseaux de façon à doper les neurones, et à permettre l’accès à des bases de données ou au cloud. »