Selon la WWF, environ une espèce sur trois est aujourd’hui menacée. L’être humain est le principal responsable de cette situation, par ses actes de prédations – comme la chasse ou pêche notamment -, ou ses autres activités – industrielles, agricoles, etc. Cependant l’intelligence artificielle pourrait, à terme, permettre de remédier à cette situation intenable.

Aider l’homme à adapter son comportement

Aux États-Unis, Elliott Hazen, un scientifique de la National Oceanic & Atmospheric Association, a mis au point un logiciel dynamique permettant aux pêcheurs de suivre en temps réel les déplacements d’espèces menacées afin de ne pas risquer de les prendre dans leur filet. Baptisé EcoCast, il prend en compte en temps réel les signalements d’espèces menacées, les courants et d’autres données, notamment satellites, amenant à cartographier les flux desdites espèces. Dans un article publié dans la revue Science Advances, Hazen et ses collègues indiquent qu’EcoCast pourrait, de par son dynamisme, rendre les zones d’exclusion de pêche jusqu’à dix fois plus petites.

C’est justement cela qui pourrait faire le succès du logiciel, selon The Smithsonian : les pêcheurs ont autant à y gagner que les espèces menacées. En plus de leur donner accès à plus de zones de pêches, EcoCast peut les aider à réduire les prises non volontaires d’espèces menacées, qui abîment leurs filets et ne seront de toutes façons pas vendues. Un gain financier pour certains et écologique pour tous.

Empêcher les actes de prédation

Si certains mettent en danger des espèces menacées sans le vouloir, à l’image d’une majorité des pêcheurs, d’autres le font volontairement. Le braconnage est en effet une activité lucrative, comme le déplore la WWF : « le commerce illégal de plantes et d’animaux terrestres rapporterait entre 7 et 23 milliards de dollars par an. »

Mais l’IA pourrait également permettre de lutter contre cette menace. Le site TwentyTwo TwentyEight rapporte qu’en 2013 des chercheurs de l’Université de Californie du Sud ont développé un système intégrant de l’IA pour protéger des espèces menacées. Intitulé PAWS (« Protection Assistant for Wildlife Security ») ce programme aide les rangers à sélectionner les routes les plus adéquates pour leurs patrouilles en tenant compte des déplacements connus ou probables de braconniers et d’espèces menacées. Il se base pour ses prédictions sur les routes connues. Un autre logiciel, développé par Deakin University en Australie, se base pour sa part sur des données en temps réel obtenues grâce à des caméras et analysées par l’IA. Dans les deux cas, ces deux innovations permettent aux rangers d’accroître leur efficacité dans la lutte contre le braconnage.

Surveiller les espèces

Pour suivre l’évolution des espèces menacées, il est nécessaire de les surveiller attentivement, avant même de déployer des moyens pour les protéger. Plusieurs initiatives ont été développées afin de mettre la technologie et l’intelligence artificielle au service de cette cause. Numerama décrit ainsi un programme de reconnaissance faciale développé par l’Université du Michigan afin de protéger les primates. Intitulée PrimID, cette innovation permet, avec une précision supérieure à 90 %, de reconnaître individuellement un singe pris en photo. Cela permet donc de connaître l’évolution, individus par individus, d’une espèce de singe.

Dans un registre similaire, NVIDIA, inventeur du processeur graphique, coopère sur un projet intitulé ConservationFIT. Ce programme se base sur des photos d’empreintes qui, grâce à l’IA, sont ensuite attribuées à un animal précis dont l’état actuel peut alors être connu. La répartition des animaux, individu par individu, peut ensuite être cartographiée.

Ainsi l’IA, parfois présentée comme une menace pour l’humanité, pourrait aider à sauver les espèces menacées en les identifiant et en les protégeant des comportements irresponsables de l’être humain.

PrimID reconnaît un singe pris en photo.
Crédits : PrimID

Auteur : Côme Allard de Grandmaison