Sont-ils si bien cachés qu’on ne les trouve pas ? Les civilisations extraterrestres tentent-elles d’entrer en communication avec nous ? Ou ont-elles tout simplement disparues de la galaxie, anéanties par le réchauffement climatique ? 

Le paradoxe de Fermi

En 1950, autour d’un déjeuner casual avec ses amis, le prix Nobel Enrico Fermi en vient à philosopher sur la présence extraterrestre dans l’univers. Dans la cafétéria du laboratoire où il travaille, le physicien italien se demande alors : « Mais où sont-ils donc tous ? ».

En effet, la galaxie a une dizaine de milliards d’années et compte environ 200 milliards d’étoiles. Or, on estime qu’il est possible d’effectuer un voyage interstellaire en 10 millions d’années. Alors pourquoi aucun alien n’est-il encore apparu sur Terre, ne serait-ce que par ondes radio ?

Les extraterrestres, ces consuméristes 

Une des explications données, est que nous ne serions peut-être pas la première civilisation à souffrir du changement climatique. Dans une étude publiée le 1er mai 2018 dans la revue scientifique Astrobiology, des scientifiques se sont basés sur l’histoire (encore mystérieuse) des habitants de l’île de Pâques pour tenter d’expliquer le potentiel sort des extraterrestres. Le postulat est simple : plus une civilisation grandit et s’étend, plus elle a besoin de ressources pour continuer à le faire. Ce phénomène perturbe la planète – peu importe laquelle – et entraîne des changements climatiques qui peuvent être destructeurs.

Le réchauffement climatique a-t-il tué les aliens ?

Sur  les quatre trajectoires plausibles étudiées dans l’enquête scientifique, trois finissent par l’anéantissement de la civilisation extraterrestre. Dans le premier scénario, le bien-nommé « Die-off », la population alien croît tellement rapidement que la planète ne peut plus fournir les ressources suffisantes à sa survie. « Imaginez si 7 personnes sur 10 que vous connaissiez mourraient », explique Adam Frank, l’un des physiciens à l’origine de l’étude, sur le site de l’université de Rochester. Les scénarios numéro 3 et 4 mettent également en scène un effondrement de la population due à une surconsommation des ressources. « Le dernier scénario est le plus effrayant. Il montre que même si vous adoptez de meilleures habitudes, si vous avez attendu trop longtemps, vous pouvez toujours aboutir à l’extinction de la population », analyse Adam Frank.

Un ultime scénario optimiste

Nous n’avons pas encore évoqué l’hypothèse 2, qui sauve potentiellement les aliens de toute apocalypse. Appelée « Sustainability », elle met en scène un accroissement de la population et des températures, mais qui finissent par se stabiliser. Ce scénario ne peut avoir lieu que si la population reconnaît son effet négatif sur la planète et change sa manière d’utiliser les ressources polluantes au profit d’alternatives à faible impact.

Un modèle qui pourrait se reproduire… sur Terre !

« Les lois de la physique montrent que toute population jeune, qui construit une civilisation énergivore comme la nôtre, a un impact sur la planète. Observer le changement climatique dans ce contexte cosmique peut nous donner un meilleur aperçu de ce qui nous arrive et de comment le gérer », explique Adam Frank.

Le physicien tient à mettre en garde, en évoquant le scénario catastrophe n°4. « Si l’on change trop le climat de la Terre, nous ne pourrons pas le modifier de nouveau. Même en faisant machine arrière et en utilisant l’énergie solaire, il sera trop tard, car la planète aura déjà commencer sa transformation », explique-t-il.

Auteure : Laura Boudoux