Crédits : De Correspondent

Verser à tout citoyen un revenu mensuel fixe (qui peut s’additionner au salaire), sans contrepartie, suffisant pour subvenir à ses besoins élémentaires. Benoit Hamon était le principal promoteur de cette idée dans l’hexagone, jusqu’à sa défaite aux présidentielles de 2017. Pourtant, le revenu universel continue d’être expérimenté aux quatre coins du monde.

Le Canada, ce précurseur

Entre 1974 et 1979, la petite ville canadienne de Dauphin, dans la province de Manitoba, a testé le Mincome Program, rappelle le HuffPost. Son nom vient de la contraction des termes « Minimal Income ». Pendant cinq ans, les habitants ont donc eu droit à un revenu minimum de 20 000 dollars canadiens (environ 14 000 euros) par an. Contrairement à l’idée d’un revenu universel — et inconditionnel —, le Mincome était calculé selon un critère bien précis : si les revenus des personnes concernées n’atteignaient pas un certain seuil, il leur était fourni de quoi combler. Si leurs revenus augmentaient, les allocations diminuaient proportionnellement. Si aucun bilan, positif comme négatif, n’a pu être dressé, le Canada souhaite désormais réitérer l’expérience en Ontario. Selon RFI, 4 000 personnes vont être tirées au sort dans l’Ontario pour bénéficier de l’Ontario Basic Income Pilot (OBIT), pour lequel la province a investi 35 millions de dollars canadiens.

Quand la Silicon Valley finance le revenu universel au Kenya

L’ONG philanthropique new-yorkaise GiveDirectly expérimente depuis octobre 2016 le revenu universel au Kenya. Directement financé par les grands acteurs de la Silicon Valley — dont le fondateur d’eBay qui a investi 493 000 dollars, l’initiative promet, pendant 12 ans, de verser quotidiennement 0,75 dollar à 6 000 Kenyans.  Cette somme représente 50 % du revenu moyen par habitant dans les zones rurales où sont menées les expériences. Les premiers résultats, publiés en mars 2017, font état d’un grand soulagement. Certains se réjouissent de pouvoir enfin manger trois repas par jour, d’autres d’avoir accès aux soins et même, luxe suprême, de pouvoir économiser. Toutefois, ce gain d’argent garanti n’a globalement pas provoqué de baisse de régime chez les heureux élus, qui déclarent majoritairement vouloir travailler d’autant plus pour améliorer durablement leur confort de vie.

Comment le revenu universel a revitalisé les villages indiens

En février 2017, de nombreux titres de presse, dont The Economist, annonçaient l’émergence de l’idée d’instaurer un revenu universel en Inde. Cette décision fait suite aux résultats concluants publiés par l’Unicef concernant l’expérience pilote avait déjà été menée dans l’État du Madhya Pradesh en 2010, où durant 18 mois chaque adulte a touché mensuellement entre 200 et 300 roupies (entre 2 et 4 euros). Les femmes, elles, touchaient 100 roupies par enfant. Modeste, ce revenu n’avait comme intention que de financer les besoins de subsistance. Ce qui a principalement causé le succès de cette expérience est, justement, ce côté inconditionnel, dans un pays où seul 29 % des femmes sont employées. Grâce à ce revenu, les personnes placées sous le seuil de pauvreté ont pu investir pour rénover leurs habitations ou envoyer leurs enfants à l’école. Aucun argent n’aurait été gaspillé dans la boisson ou le jeu.

L’éclaireur finlandais

Depuis le 1er janvier, la Finlande expérimente le revenu universel. Ainsi, pendant deux ans, 2 000 citoyens vont bénéficier d’une aide de 560 € par mois. Derrière ce test — qui va coûter 20 millions d’euros au pays — le gouvernement souhaite avant tout éviter éviter « l’effet dissuasif » d’un retour au travail pour les chômeurs, qui voient, parfois, plus d’intérêts à rester sans emploi qu’à travailler pour un faible salaire. Cette expérimentation a attiré les regards du monde entier, dont celui du New York Times, qui titrait le 20 juillet « Why Finland’s Basic Income Experiment Isn’t Working ». Selon le journal, le test finlandais a été bâclé et n’est autre qu’un coup de publicité pour vanter la générosité du gouvernement après ses piètres performances sur le plan économique. Kela, l’institut finlandais de la sécurité sociale, aurait donc sélectionné « au hasard » les 2 000 heureux cobayes, qui profitaient déjà de certains avantages liés à leur chômage. Qui plus est, 2 000 personnes, ce n’est pas suffisant pour se faire une idée de ce que donnerait la mesure à l’échelle nationale.

Mark Zuckerberg, porte-parole du basic income made in Alaska

Sur son blog perso (Facebook), l’entrepreneur a raconté le 4 juillet son petit voyage en famille, en Alaska. Il indique que ce qui l’a principalement marqué, c’est le Permanent Fund Dividend (PFD), sorte de revenu universel créé en 1976 par le gouverneur de l’époque, Jay Hammond. Le principe est simple : l’État récolte les bénéfices liés au pétrole puis le reverse à chaque habitant à la fin de l’année, comme une prime. En 2016, le PFD était de 1 022 $ (866 €). Dans cette même publication, Zuckeberg explique que « lorsqu’on perd de l’argent, on adopte une mentalité de survivant. Mais lorsqu’on en gagne, on est confiant concernant son avenir et on commence alors à chercher des opportunités d’investissement. L’économie en place en Alaska a créé cette mentalité de gagnant, ce qui a par la suite mené à l’instauration du PFD. Ceci est une leçon pour le reste du pays. »