En 2017, les batteries lithium-ion – soit les plus répandues – utilisaient 42 % de la production de cobalt mondiale. Utilisées dans les téléphones portables et la plupart des objets électroniques, ces batteries sont également l’avenir des voitures électriques puisque c’est sur elles que mise, entre autres, Tesla. Beaucoup considèrent donc que le cobalt est le pétrole du XXIème siècle. Cependant, le coût environnemental et social de ce minerai invite à chercher des alternatives.

Coût financier

La banque UBS, selon Les Echos, a calculé que dans un monde où toutes les voitures seraient électriques, le cobalt serait la matière première dont la demande devrait augmenter le plus fortement derrière le lithium : + 1928 % comparé à la production mondiale aujourd’hui. Or, les réserves de cobalt sont limitées, comme le rappelle Les Echos. Sachant que depuis juin 2017 la valeur de la tonne de cobalt a augmenté de 40 % sur le London Market Exchange, les observateurs s’attendent à une explosion continue des prix.

Une industrie « sale »

Outre ce coût financier, les conditions d’extraction du cobalt et son impact environnemental interrogent également. Ce minerai est principalement extrait en Afrique, notamment en République Démocratique du Congo (50 % des ressources et 60 % de la production mondiale). Or, le pays est largement corrompu et les ventes de cobalt profitent surtout à une élite proche du pouvoir, selon l’ONG Global Witness. En outre, comme le note le journal Le Temps, l’extraction se fait dans des conditions dangereuses et en dépit de toutes les conventions internationales : « généralement, des travailleurs – y compris des enfants – creusent avec un équipement de base dans des tunnels dangereux. »

Des batteries similaires

Pour des raisons éthiques mais, surtout, financières, les producteurs de batteries commencent donc à chercher des alternatives au cobalt. Wired note ainsi que les chercheurs spécialisés sur les batteries, à l’image de John Goodenough, le créateur de la batterie lithium-ion, se tournent vers de nouveaux matériaux. Parmi ceux-ci, les plus à même de remplacer efficacement le cobalt seraient le manganèse et le fer. Ils permettent de créer des batteries n’ayant pas une structure en couche, comme avec le cobalt, mais de type sel gemme (rocksalt, en anglais). Elles sont aujourd’hui moins efficaces que les batteries à base de cobalt mais sont une piste sérieuse. Ces recherches intéressent nombres d’industriels, notamment Panasonic, qui fournit les batteries des véhicules électriques Tesla.

Alternatives

D’autres alternatives à la batterie lithium-ion sont développées. Cependant, quasiment aucune n’est aujourd’hui aussi efficace, ou ne répond aussi bien aux critères environnementaux fixés par les constructeurs ou les gouvernements. BMW, Toyota ou Honda explorent actuellement des alternatives, dont la plus prometteuse semble être les batteries à électrolyte solide. Selon La Tribune, celles-ci pourraient révolutionner le secteur des voitures électriques, en offrant une autonomie supérieure à 6 heures et des temps de charge réduits à quelques minutes. Bloomberg signale également qu’un nouveau matériau, le vanadium (voir image ci-dessus), offre des possibilités de stockage supérieur à ce que permettent les batteries lithium-ion actuelles. Ce matériau pourrait, dans un premier temps, être utilisé dans les centres de stockage d’électricité, notamment ceux développés par Tesla.

Si le cobalt semble encore avoir de nombreuses années de gloire devant lui, force est de constater que des alternatives sérieuses sont étudiées.

Auteur : Côme Allard de Grandmaison