À Menlo Park, au siège de Facebook, le brainstorming quant aux améliorations du réseau social pour l’année à venir s’effectue sur fond de mea culpa. Lorsqu’il a fait part au public de ses bonnes résolutions, Mark Zuckerberg a affirmé vouloir « réparer Facebook », après avoir remarqué que sa création aux 2 milliards d’utilisateurs avait fort à faire afin de « protéger sa communauté contre les abus et la haine, en se défendant contre l’interférence par les États-nations, ou en s’assurant que le temps passé sur Facebook soit du bon temps.” Et cela passe par plusieurs mesures phares, que voici.

Plus d’amis, moins de marques

C’est sans doute l’entreprise la plus ambitieuse de Facebook. Comme l’explique le Guardian, le réseau social projette de redevenir… un réseau social, au sens propre du terme, où les rapports humains priment. Et cela passe par une refonte totale du fil d’actualités, où les statuts d’utilisateurs sont aujourd’hui noyés parmi les contenus commerciaux ou médiatiques. « Nous pensons que les interactions entre les gens est plus importante que la consommation passive de contenus. Facebook a été bâti pour rapprocher les gens. Cette mise à jour doit aider à améliorer cela », explique John Hegerman, l’homme en charge des fils d’actualités chez Facebook. Une manière sous-jacente, également, pour Facebook, de lutter contre le fléau des fake news.

Un fonds d’investissement contre les fake news

En parlant de fake news : voici sans doute le caillou le plus gênant dans la chaussure de Facebook. Et le réseau social ne lésine pas sur les moyens pour tenter tant bien que mal de s’en débarrasser. En avril 2017, par exemple, la firme participait à hauteur de 14 millions de dollars à la création de la News Integrity Initiative, en partenariat avec l’université de la ville de New York (CUNY). Dans un communiqué, Facebook expliquait alors que le projet, auquel participent également Wikipedia, l’UNESCO ou Mozilla pour ne citer qu’eux, « abordera les problèmes des fausses informations, de la désinformation et des opportunités offertes par Internet pour s’informer de nouvelles façons. » Reste à voir comment.

Une chasse aux usurpateurs

Facebook veut connaître ses utilisateurs. Au point d’être en mesure de les reconnaître sans que leurs amis n’aient à les identifier manuellement. Et cela passe par la mise au point, comme annoncé le 19 décembre, d’une intelligence artificielle plutôt physionomiste. Une fois fonctionnelle, celle-ci enverra une notification à l’utilisateur qu’elle pensera avoir reconnu sur une photographie, car « vous avez le contrôle de votre image sur Facebook et vous êtes en mesure de faire des choix tels que de vous identifier ou non, ainsi que de contacter la personne qui a posté la photo si celle-ci vous dérange », explique le réseau social. Cette technologie, perçue comme particulièrement intrusive par une partie des utilisateurs, pourra être désactivée manuellement.

Une armée de modérateurs

Puisque Facebook compte faire la part belle aux contenus « humains », il va devoir également modérer leurs contenus. Car, comme Mark Zuckerberg himself l’expliquait le 3 mai 2017, parfois, les gens « se blessent ou blessent les autres soit en live, soit dans une vidéo postée plus tard ». Sans doute faisait-il notamment référence aux suicides en live sur la plateforme, qui ont grandement (et publiquement) remis en question la capacité de Facebook à filtrer les contenus. Action, réaction : le réseau social va embaucher 3000 modérateurs courant 2018. Ceux-ci viendront s’ajouter aux 4500 déjà en poste, formant alors une véritable armée anti-violence.