De gros ventilateurs s’apprêtent-ils vraiment à stopper le réchauffement climatique ? Au Canada, on absorbe le dioxyde de carbone pour le transformer en énergie, en l’aspirant directement dans l’atmosphère. Une solution peu coûteuse et bien plus efficace que la reforestation.

Une forêt de ventilateurs

Le CO2, nécessaire au bon fonctionnement de la planète, est l’un des principaux responsables du réchauffement climatique. Si les forêts et les océans font office de pompes naturelles à CO2, ils sont loin de suffire à son élimination. « Direct Air Capture (DAC) l’absorbe de la même manière que les arbres, mais peut capturer des centaines de fois plus de CO2 sur une surface équivalente », explique Carbon Engineering sur son site. Créée en 2009, cette entreprise canadienne a pour objectif de « capturer des quantités de CO₂ à l’échelle industrielle directement à partir de l’air, afin de le stocker sous terre ou de le synthétiser sous forme de carburants propres et abordables. »

Crédits : Carbon Engineering Ltd./YouTube

De l’air à l’énergie

La technologie développée par la Carbon Engineering a deux grands avantages : non seulement elle promet de réduire l’impact humain sur le changement climatique grâce à l’absorption de CO2, mais elle permet en plus le transformer en carburant sans carbone. « Une fois le CO2 capturé, il est possible de l’utiliser comme un combustible qui, combiné à l’hydrogène, produit une énergie zéro émission », expliquait ainsi le PDG de Carbon Engineering Adrian Cordless en 2015.

Comment la DAC fonctionne-t-elle ? Ses ventilateurs géants aspirent l’air et le mettent au contact d’une solution aqueuse, qui capte et emprisonne le dioxyde de carbone. Après le réchauffement et les réactions chimiques, le dioxyde de carbone peut être extrait – et utilisé soit pour fabriquer du green carburant, soit pour être stocké.

Réduction des coûts

Adrian Cordless faisait déjà la promotion de sa machine à traiter le CO2 en 2015, mais ce n’est que début juin qu’il a annoncé une nouvelle de la plus haute importance : le coût de revient de son dispositif a considérablement baissé. En partenariat avec Harvard, les scientifiques de la Carbon Engineering ont trouvé le moyen de passer de 600$ (soit 515 euros environ) par tonne de CO2 absorbé à 94$ (autour de 80 euros). La clé ? Utiliser un solvant liquide plutôt que solide pour recueillir le CO2, comme le montre l’étude menée par l’entreprise canadienne et publiée dans la revue Joule le 7 juin dernier.

« Une technologie industrielle exécutable »

Nettoyer la planète, tout en produisant du carburant écolo, le tout à un prix abordable : s’agirait-il d’un mirage ? « Nous avons fait un grand pas en avant. J’espère que cela va changer le regard qui voit cette technologie comme une sorte de magie, ce qu’elle n’est pas, ou qui la juge absurdement chère, ce qu’elle n’est pas non plus. Il s’agit d’une technologie industrielle exécutable et qui peut être développée de manière utile », précisait David Keith auprès de la BBC.

Si la Carbon Engineering est aujourd’hui capable de capturer 200 tonnes de CO2 par an, elle espère pouvoir porter ce chiffre à 1 million de tonnes.

Auteure : Laura Boudoux