L’entreprise Apple, pour ne citer qu’elle, est souvent décriée pour la date de péremption programmée de ses produits. Pour faire simple, l’obsolescence programmée, c’est un vice des constructeurs visant à réduire petit à petit les capacités d’un objet pour qu’à terme, le consommateur soit obligé d’en changer – idéalement pour un produit de la même marque. Jugée comme scandaleuse au vu des prix pratiqués, la pratique est de plus en plus décriée publiquement. Et ces cinq raisons montrent que nous sommes (peut-être) sur la bonne voie pour enfin l’éradiquer, même si cela risque d’être long.

Impossible à prouver ?

En France, comme l’indique Usine Nouvelle, l’obsolescence programmée est considérée comme un délit passible d’emprisonnement et d’une amende de 300 000 euros depuis le 17 août 2015. Dans le texte de loi, il est indiqué qu’elle « se définit par l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement », soit une chose… très difficile à prouver pour un consommateur seul. Et le fait que les constructeurs sortent un nouveau produit tous les ans n’est pas un argument recevable. Hortense De Roux, à l’origine de l’article, préconise l’action de groupe.

Une première plainte

Justement, un groupe a été créé en juillet 2015 : Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP). Leur action consiste à informer les consommateurs, les fédérer pour enfin peser sur le changement des lois. Ce groupe a fait parler de lui, le 18 septembre 2017, en étant le premier à porter plainte contre des marques pour cas avéré d’obsolescence programmée. Dans leur collimateur, entre autres, Epson, le fabricant japonais d’imprimantes. Le communiqué publié par l’association stipule plusieurs exemples concrets, tels que « le tampon absorbeur d’encre, faussement indiqué en fin de vie », qui cause « le blocage délibéré des impressions au prétexte que les cartouches d’encre seraient vides alors qu’il reste encore de l’encre ». Si le verdict n’a pas encore été rendu, cette première initiative pourrait-elle prouver que les grands fabricants ne sont pas intouchables ?

Si votre iPhone rend l’âme après un an, ce n’est pas de la faute d’Apple

Car jusqu’ici, la chasse à l’obsolescence programmée était freinée par d’invariables parades. Parmi celles-ci, la plus évidente est la durée de garantie. Comme le raconte Motherboard, Apple est actuellement en plein procès à la suite d’une plainte concernant leur iPhone 6 qui tombe en ruine. On y lit que « les consommateurs s’attendent raisonnablement à ce que les smartphones soient opérationnels pendant au moins deux ans lorsqu’ils ne sont pas soumis à un abus ou à une négligence. Car la majorité des utilisateurs de smartphones sont tenus de signer des contrats d’engagement avec des opérateurs de téléphonie mobile d’une durée d’au moins deux ans. » Le hic, c’est que la garantie matérielle de l’ensemble produits Apple n’est que d’un an. Si le produit est défectueux après cette période, ce n’est – sur le papier – pas le problème de la marque à la pomme.

Lutter contre l’obsolescence programmée peut créer des emplois

Le 3 juillet 2017, un rapport a été soumis au Parlement européen par la Commission du marché intérieur avant d’être adopté le lendemain. Celui-ci stipule que l’obsolescence programmée, qui devrait générer une quantité record de 47,8 millions de tonnes de déchets électriques et électroniques en 2017, doit être légiférée par la Commission européenne. Qui plus est, la fin de l’obsolescence programmée pourrait valoriser le travail des réparateurs, délaissés par les consommateurs. Le rapport précise que « des études récentes montrent que si les entreprises européennes privilégiaient le réemploi de leurs ordinateurs plutôt que leur recyclage, l’Europe pourrait créer 10 500 emplois non délocalisables tout en économisant chaque année l’émission de près de 6 millions de tonnes de gaz à effet de serre et 44 millions de mètres cubes, sans compter les matières premières. »

L’ampoule de Livermore

Racontée par le New Yorker, l’histoire de l’ampoule de Livermore, qui brillerait depuis 1901, met à l’amende tous les fondements de l’obsolescence programmée. Elle a même survécu à son créateur. Une webcam dédiée, dont l’image s’actualise toutes les 30 secondes, montre qu’elle brille toujours. Comme quoi, si les constructeurs veulent, ils peuvent.