SpaceX, Blue Origin, Virgin Galactic… la concurrence fait rage parmi les entreprises de milliardaires qui promettent de nous envoyer sur la Lune. Pour l’instant, toutes se focalisent sur la première étape, les vols suborbitaux, qui consistent à nous faire faire le tour du satellite avant de revenir sur Terre. Mais quand allons-nous véritablement pouvoir y poser le pied, comme Neil Armstrong en 1969 ? Des entreprises y travaillent. Mais il reste quelques problèmes à régler.

Moon Express et la promesse d’un vol low-cost

Fondée en 2010 par l’entrepreneur milliardaire Naveen Jain, Moon Express est la première entreprise privée à obtenir l’autorisation de se poser sur la Lune. En 2016, elle promettait aux touristes de pouvoir poser le pied sur la Lune pour environ 10 000 euros, rapportait le Telegraph. Est-ce réaliste ?

Un tel voyage demande beaucoup d’entraînement

Pas si vite ! « Les astronautes professionnels s’entraînent pendant au moins deux ans pour chaque mission. J’imagine que les touristes devront en faire au moins autant », indiquait à la BBC Libby Jackson, responsable du programme de vols spatiaux et de la microgravité à la UK Space Agency. Car si un vol suborbital, dont le touriste est seul passager, doit se dérouler comme un vol en avion, sortir de la cabine nécessite toutefois une préparation physique minutieuse. Comment s’assurer, alors, de pouvoir envoyer un nombre considérable de passagers sur la Lune, si chacun de ceux-ci doit s’entraîner pendant deux ans ?

Il reste beaucoup de choses à régler avant ça

La dernière fois qu’un humain a posé le pied sur la Lune, il y est resté un petit peu plus de 2 h, le temps de faire un footing et de planter des drapeaux. « Cette fois-ci, il s’agit de bien plus que ça », précisait à Space.com John Olson, le directeur des systèmes d’exploration de la NASA. Et d’ajouter que nous nous préparons à « une présence permanente de l’humain dans l’espace ». Cela demanderait donc d’apprivoiser le satellite afin de s’assurer qu’il s’agisse bien de l’eldorado promis. Pour ce faire, de simples vaisseaux privés, tels que ceux de Moon Express ou de SpaceX, ne suffisent pas. Il faut également installer sur place différents dispositifs de sécurité, très lourds. Bémol : « La quantité d’énergie nécessaire à l’envoi d’un vaisseau aussi chargé vers la Lune n’existe plus », précise Jeff Hanley, le responsable des programmes de constellation de la NASA.

L’appât du gain

Et si on commençait déjà par réussir à envoyer des touristes en orbite autour de la Lune avant de leur promettre d’y poser le pied ? Le problème, c’est que les 30 millions de dollars promis par le Google Lunar XPRIZE sont en jeu. Si la motivation des participants est compréhensible, il ne faudrait pas se précipiter. Comme l’indique Ars Technica, on ne compte plus les startups autrefois en lice qui ont fini par abandonner, faute d’avoir subi la pression de l’ancienne date butoire, 2017. Heureusement, Google a laissé un peu plus de temps aux participants, qui ont désormais jusqu’à mars 2018 pour envoyer un vaisseau vers la Lune, indique Space.com.