Paradoxe dans le monde de la technologie. Des applications qui nécessitent de consulter son smartphone prônent la “digital detox”, terme né avec la Génération Z, qui désigne la coupe totale avec tout écran (téléphone, ordinateur, tablette) afin de se concentrer sur le monde réel. En voici un florilège.

Thrive, pour disparaitre comme il se doit

Co-développée par Samsung et Thrive Global, site dédié au bien-être fondé par Arianna Huffington, Thrive promet d’offrir aux possesseurs du smartphone Galaxy Note8 un moyen de se “reconnecter sur soi-même”. Ce en passant par trois fonctionnalités phares : un blocage global de toutes les applications, notifications, appels et messages – même s’il est possible d’élire quelques V.I.P. dont les tentatives de communication passeront le pont-levis. Vos autres contacts recevront quant à eux un message automatique leur signifiant que vous prenez du bon temps dans le monde réel et ne vous enquérez pas de votre smartphone. Enfin, pour s’assurer que vous ne faites pas semblant, Thrive propose un suivi quotidien de votre aventure.

Friday, car le vendredi est sacré

Le vendredi soir, tout le monde respire – hormis les malheureux.ses qui bossent le samedi. Pour vous permettre de couper les ponts avec la société jusqu’au lundi suivant, Friday veille au grain. Chaque vendredi, en début de soirée, l’application vous rappelle qu’il est temps de décrocher et teinte votre écran d’un crépuscule avant de vous proposer une histoire courte invitant à la réflexion personnelle et à la déconnexion. Au même titre que la pratique juive Shabbat, en somme – l’aspect religieux en moins.

Moment, pour s’auto-quantifier

Le quantified-self est la tendance qui consiste à quantifier tous ses efforts, grâce à des objets connectés – son footing avec un bracelet ou encore les calories ingérées grâce via une appli. Ce dans le but premier de s’améliorer. L’application Moment part de ce concept. Elle propose un suivi en arrière-plan de la fréquence d’utilisation quotidienne de votre iPhone ou iPad, et vous propose de fixer vous-même vos limites, qu’elle vous rappellera via une notification. Moment possède également un mode famille (pratique pour les tablettes partagées), qui permet de limiter le temps que chacun passe à tapoter l’objet.

Forest, champêtre jusqu’au bout

Directement, digital detox rime avec exil – l’idée de se couper du monde connecté pouvant paraitre inconcevable dans un milieu urbain. Pour ceux qui n’ont pas la chance d’avoir une résidence champêtre, Forest vous propose de contempler la pousse d’un arbre virtuel en 30 minutes chrono. La seule condition pour que le végétal évolue convenablement : vous ne devez pas toucher à votre téléphone. Sinon, couic. Cela parait ludique et simple, certes, mais est finalement plutôt prenant – et frustrant en cas d’échec.

Calldoor, quand votre patron s’en mêle

Nombreux sont ceux dont la digital detox est gâchée par la présence d’un second objet, dont chaque son ou vibration ramène directement au monde réel. Il s’agit bien entendu du téléphone de fonction. Pour que les entreprises puissent agir à grande échelle et à leur tour se responsabiliser en acceptant de laisser leurs employés partir en vacances – ou simplement décrocher le week-end -,  Calldoor leur permet de bloquer la réception de SMS, e-mails et appels sur le portable professionnel des salariés pendant la plage horaire de son choix.

Calm, la méditation comme salut

La Digital Detox n’est pas chose aisée. Arrêter de scruter sans cesse son smartphone, c’est un peu comme arrêter de fumer. Et la similitude ne s’arrête pas là. Les deux pratiques possèdent leurs aides, notamment spirituelles, comme la méditation. Et ça, Calm s’en charge. Cette application porte une promesse forte : “réduire l’anxiété, mieux dormir et se sentir plus heureux”. Et cela passe par de fréquentes sessions de méditation, le smartphone comme guide.

Auteur : Mehdi Karam