Bien que tout le monde en soit conscient, la faim dans le monde est toujours d’actualité. En 2015, la FAO indiquait que 795 millions de personnes étaient loin de manger à leur faim – soit 1 humain sur 9. Et si la technologie pouvait tenter de contribuer à la réduction des chiffres ? Ces innovations témoignent de ses efforts.

Les 17 292 381 repas de Share The Meal

Le Programme alimentaire mondial de l’ONU est un des principaux acteurs du combat de la tech contre la faim. Avec l’application Share The Meal lancée en 2015, l’organisation offre à chaque utilisateur l’opportunité d’offrir un repas convenable à un enfant dans le besoin, moyennant 0,40 euros. À ce jour, 17 292 381 repas ont été financés. Il est également possible d’en commander jusqu’à 90 à la fois. Et la communication liée à l’application part d’un constat fort : les possesseurs de smartphone soit 20 fois plus nombreux que les enfants souffrant de la faim.

Fabriquer de la nourriture avec… de l’électricité et du CO2

Business Insider explique qu’une équipe de chercheurs de l’université de technologie Lappeenranta et du centre de recherche VTT en Finlande a réussi à produire des protéines comestibles à l’aide essentiellement d’électricité et de gaz carbonique. Leur secret ? « Nous cultivons des organismes unicellulaires qui utilisent le gaz carbonique comme source de carbone, et l’hydrogène de l’eau comme source d’énergie. Le premier ingrédient vient de l’air, quant au second, il est obtenu par électrolyse de l’eau grâce à l’électricité », explique Juha-Pekka Pitkänen, l’un des auteurs de l’étude. Si des nutriments tels que le phosphore sont ajoutés à la recette, la fabrication nécessiterait dix fois moins d’énergie que les plantes n’en utilisent pour réaliser leur photosynthèse.

WeFarm, le réseau social pour fermier.e.s

WeFarm est un peu le Facebook pour fermiers – la dimension collaborative en plus. Ce service en peer-to-peer permet aux fermiers de partager leur savoir par SMS, sans qu’une connexion internet soit requise. Cela leur permet de poser des questions concernant leurs plantations et troupeaux et d’obtenir des solutions crowdsourcées. Cela peut permettre aux moins expérimentés de mieux gérer leur bétail et d’ainsi minimiser les pertes ainsi que les risques de pénuries.

Vous aussi, faites le “Mbegu Choice”

En swahili, “mbegu” signifie “graine”. Le “Mbegu Choice”, qui signifie donc “choisir sa graine”, encourage les producteurs kényans à sortir de leur zone de confort pour produire plus et mieux, dans un pays où 42 % des gens souffrent d’insécurité alimentaire. Ce site fait donc office de base de données des différentes plantations du pays et aide leurs propriétaires à diversifier leurs récoltes en fonction de ce que fait le voisin et des conditions climatiques. En plus d’une production mieux gérée, cela pourrait permettre à la population locale d’avoir accès à différents types d’aliments – et, de fait, de nutriments.

L’agriculture vue du ciel

Le projet Satellite technologies for improved drought-risk assessment (SATIDA) de l’université de technologie de Vienne projette d’utiliser des données satellites pour identifier les zones de sécheresse (avérées ou en formation) tout en s’associant aux smartphones des citoyens pour avoir un point de vue immersif et donc réfléchir à des solutions de terrain. Bien que les smartphones soient encore très peu démocratisés dans les zones de pauvreté où la famine fait rage, les chercheurs ont récolté suffisamment de données pour établir un algorithme de prévision des périodes de sécheresse – pour minimiser les pertes et se préparer convenablement.