Le 2 juin dernier, un astéroïde s’affiche inopinément sur les radars des scientifiques, débarquant ainsi dans l’atmosphère à l’improviste. La roche arrive des tréfonds du système solaire à plus de 61 000 km/h, avant d’exploser au-dessus d’une ferme, en Afrique du Sud. Impossible, pour les scientifiques, d’avoir détecté cet astéroïde avant qu’il ne soit si proche de nous ? Là est toute la question !

Prise de conscience et sensibilisation

Depuis 2013, la surveillance spatiale est un enjeu de premier ordre pour les agences et les instances gouvernementales. La principale raison de cette prise de conscience et des efforts menés conjointement par les nations ? L’astéroïde Chelyabinsk, considérée comme la plus grosse météorite étant entrée en collision avec la Terre depuis 1908. Bilan de l’explosion survenue au-dessus de la Sibérie il y cinq ans : 1 600 blessés, 5 000 logements et infrastructures détruits et une onde de choc ressentie à plus de 90 km à la ronde.

Les astéroïdes potentiellement dangereux, ou géocroiseurs

Comment de telles catastrophes peuvent-elles arriver alors que les agences spatiales ont leurs télescopes terrestres et spatiaux braqués sur le ciel ? Parce que leurs appareils se concentrent sur les « astéroïdes potentiellement dangereux« , c’est-à-dire ceux qui mesurent plus de 140 mètres. Les objets célestes plus petits, eux, sont très difficiles à repérer avant qu’ils ne fassent leur entrée atmosphérique…

Un univers d’inconnus

L’Union astronomique International estime ainsi n’avoir découvert qu’1% des astéroïdes mesurant moins de 140 mètres. Concernant les géocroiseurs, c’est-à-dire les roches de plus d’un kilomètre, susceptibles de devenir un danger pour la Terre, environ 15 000 avaient été détectés en 2016, soit une augmentation de 50 % du nombre d’astéroïdes connus près de la Terre depuis 2013. Chaque semaine, la NASA en localise approximativement 30 nouveaux.

Risque-t-on une collision mortelle ?

La NASA est formelle : aucun astéroïde ne représente un risque significatif pour la Terre dans les cent ans à venir. Cependant, elle n’exclut pas d’autres impacts, tel que celui de Chelyabinsk en 2013. Les experts estiment qu’un tel astéroïde, d’environ 17 mètres, impacterait la Terre une à deux fois par siècle. « Toutefois, compte tenu de l’incomplétude actuelle du catalogue NEO (near-Earth object), un impact inattendu – tel que l’événement de Chelyabinsk – pourrait se produire à tout moment« , indiquait un communiqué de la NASA en août 2017…

Y a-t-il un astronaute dans le vaisseau ?

Comme nous ne vivons pas dans un film ayant pour tête d’affiche Bruce Willis, aucune mission n’a encore été lancée pour détourner un astéroïde qui graviterait trop près de la Terre. Cependant, les avancées technologiques ont permis d’imaginer une manière de dévier un astéroïde et dès 2016, des simulations numériques en 3D ont été effectuées par la NASA. En 2022, la mission AIDA, menée par la NASA et l’ESA (Agence spatiale européenne) devrait permettre de dévier la trajectoire de l’astéroïde Didymos. Il ne s’agirait pas de le faire exploser, au risque que ses débris ne frappent la Terre, mais de faire entrer en collision une sonde de plusieurs milliers de kilos.

Auteure : Laura Boudoux