Début juin, le scandale pousse Mark Zuckerberg à présenter publiquement ses excuses. Le milliardaire promet alors de « réparer le système pour que ce genre de choses ne se reproduise pas ». « Ce genre de chose », c’est la « fuite » des données de 50 millions d’utilisateurs de Facebook au profit de la Cambridge Analytica. La société spécialisée dans l’analyse de données aurait grâce à elles créé un outil permettant de cibler les électeurs lors de la campagne de Trump. Facebook est-il devenu ingérable ?

Facebook bien embarrassé

Elle est loin, la tranquillité de sa chambre d’étudiant d’Harvard en 2004 ! Jamais dans l’histoire de Facebook, Mark Zuckerberg n’avait été autant critiqué et mis sous pression politique. Tout a commencé lorsque le lanceur d’alerte Christopher Wylie a dévoilé que la Cambridge America, qui a participé à la campagne présidentielle de Donald Trump, avait eu accès aux données personnelles de millions d’utilisateurs Facebook. La taupe ? Un quiz qui permettait à l’entreprise de récupérer non seulement les informations de la personne interrogée, mais aussi celles de tous de ses amis. Est-il besoin de préciser que tout cela a été orchestré sans le consentement des utilisateurs ?

Facebook, où la dictature des temps modernes

Peu de temps après le scandale Cambridge Analytica, les représentants de Facebook avouaient également « collaborer » avec plusieurs marques, dont Huawei. Entre manque de protection des données personnelles, propagation de fake news, et monopole de l’information : le réseau social est accusé de manipulation à grande échelle. « Facebook décide quelles news vont voir des milliards de personnes à travers le monde chaque jour. Il achète ses concurrents potentiels pour protéger son monopole, nous suit presque partout où nous allons sur le Web et dans le monde réel. Il utilise ces données pour nous rendre accros, nous et nos enfants, à ses services« , affirment les organisateurs de la pétition Freedom from Facebook.

Libérez les utilisateurs de Facebook !

Les défenseur·es de la confidentialité des données digitales ont donc lancé Freedom from Facebook, une campagne visant à demander au réseau social de se scinder en quatre entités fonctionnant indépendamment (Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger). Sur sa plateforme, l’organisation réclame également à Facebook de créer « de fortes règles de confidentialité qui donnent du pouvoir aux utilisateurs et les protègent« .

Poudre aux yeux

Dans ces conditions, comment Mark se justifie-t-il ? Tout d’abord, il est désolé ! Ensuite, il rappelle tout de même qu’en moyenne, « une personne utilise huit différentes applications pour communiquer et rester connectée« . Ce qu’il oublie de préciser, c’est qu’il détient les trois premières…

Comment lutter ?

Si le Center for Digital Democracy reste persuadé que l’affaire Cambridge Analytica « va totalement changer la manière dont nous réglementons l’économie numérique », le chemin reste long. Mais Emmanuel Macron serait-il clairvoyant lorsqu’il évoque le possible avenir de Facebook auprès de Wired ? « À un moment, le gouvernement américain risque de se dire “Réveillez-vous. Facebook est trop gros.” Et pas seulement trop gros pour échouer, mais trop gros pour être gouverné. Et à ce moment-là, il peut choisir de démanteler« .

Auteure : Laura Boudoux