Les défunts sont de plus en plus nombreux à ressusciter… dans l’écorce d’un arbre ! Alors que les pratiques autour des rites funéraires font débat, de nouvelles manières d’honorer les morts voient le jour. Adieu embaumements cancérigènes, cercueils en métal et herbicides polluant, bonjour tombes connectées et forêts verdoyantes !

Deux alternatives, zéro solution

Pour le moment, les principaux rites funéraires restent l’inhumation, ou la crémation, la première étant deux fois plus pratiquée, d’après l’Association Française d’Information Funéraire. Si sur le long terme, un enterrement reste plus polluant qu’une crémation, celle-ci génère tout de même en moyenne 160 kilos d’émission de gaz à effet de serre. Elle est par ailleurs la première source de pollution mercurielle en France.

Quant à l’inhumation, il faudrait commencer, pour la rendre plus respectueuse de l’environnement, par opter pour des cercueils en bois certifié, non traité, équipé de matières naturelles et de poignées biodégradables… voire d’un cercueil en carton.

Écolo, même après la mort

Doit-on vraiment laisser une empreinte après la mort ? Idéalement : non ! C’est de cette théorie qu’est née le concept d’urne biodégradable, dès les années 90. Revisitée et remise au goût du jour notamment par deux frères designers, la Bios Urn commence à se démocratiser en Europe. Le concept ? Une urne 100% biodégradable, dans laquelle disposer les cendres du défunt, qui serviront à faire pousser un arbre.

Les designers italien Anna Citelli and Raoul Bretzel ont quant à eux inventé la Capsula Mundi, un sac biodégradable, capable d’accueillir un corps en position fœtale, avant d’être planté pour donner vie à un arbre. « Nous voulons planter des arbres, pas les couper« , expliquaient-ils ainsi au National Post.

Un hommage écologique et plus économique

Plus durables, ces nouvelles méthodes ont un autre avantage : celui d’être moins coûteuses. En 2017, une enquête menée par l’UFC Que Choisir montrait qu’un enterrement entraîne en moyenne une dépense de 3 350 €. L’urne biodégradable commercialisée par Bios Urn coûte elle 120 €.

Avoir la main verte

Être écolo, oui… Voir mamie s’éteindre une deuxième fois, non ! C’est pourquoi les créateurs de la Bios Urn ont créé un « pot de fleur intelligent » : la Bios Incube. En plus d’un design minimaliste, cet objet connecté possède un capteur capable de surveiller l’exposition à la lumière, la température, ou encore l’humidité. Il détermine alors de quelle quantité d’eau la plante a besoin, et l’arrose lui-même. Les données de la plante de mamie sont ensuite toutes transférées sur l’application.

Bientôt des forêts cimetières ?

Encore empêchée par la loi, « l’humusation » est l’ultime solution qui pourrait faire son apparition en France. Cette technique consiste à faire du corps humain, enterré dans un compost végétal, un véritable humus, fertile et sain. Alors qu’une pétition circule en Belgique pour faire accepter cette pratique, la question a été abordée en France en 2016, par la sénatrice Elizabeth Lamure. « Les questions que soulève “l’humusation” nécessitent une réflexion approfondie« , lui avait alors répondu le ministre de l’Intérieur.

Auteure : Laura Boudoux