La 5e génération de réseau de téléphonie mobile haut débit est très attendue. Et pour cause, elle risque de révolutionner la technologie par ses connexions ultrarapides, ses temps d’attente réduits et une foule de nouvelles applications. Tous les secteurs pourront jouir de l’impact majeur de la 5G et son potentiel énorme, couplé à l’intelligence artificielle ou à la réalité augmentée, promet une transformation drastique de l’expérience client.

Un grand pas pour la médecine

Comme se plaisent à le dire les spécialistes, la 5G ne sera pas une « version améliorée de la 4G ». Au contraire, la 5G sera plus réactive que l’humain. Il suffira donc d’une milliseconde entre le moment où vous appuierez sur un bouton et le moment où l’action sera réalisée. C’est cette latence qui sera une révolution et un atout de taille dans de nombreux domaines. Ça sera notamment le cas de la médecine qui compte bien sur la 5G pour transformer ses prestations et offrir un service premium aux patients. Par exemple, les opérations chirurgicales dans un environnement hospitalier virtuel permettraient aux médecins d’effectuer des consultations à distance. Et si les services téléphoniques d’urgence étaient équipés de lunettes à réalité virtuelle permettant de prodiguer les premiers soins en attendant l’arrivée de l’ambulance. Cela paraît irréel ? C’est pourtant ce que la 5G sera capable de proposer avec cette latence diminuée. Et la révolution est déjà en marche.

En Suède, le chercheur Andreas Claesson de l’université médicale Karolinska Institutet planche déjà sur des prototypes de drones activés par la 5G qui seront en mesure de livrer des défibrillateurs en urgence. Et ces mêmes drones pourraient tout aussi bien livrer une dose d’insuline express à un patient diabétique en détresse. Évidemment, la 4G supporte déjà ce genre d’expérience mais la 5G augmentera considérablement le risque de survie d’un patient, en réduisant le temps de mise en application. En Belgique, un infirmier aux services des urgences et chercheur à l’université d’Anvers, Filip Haegdorens, croit aussi en la 5G. On pourrait ainsi, directement depuis l’ambulance, envoyer les données du patient aux services des urgences, facilitant ainsi sa prise en charge à l’arrivée à l’hôpital. Cette télémédecine pourrait également sauver des vies à des milliers de kilomètres de distance.

Un ponte de la médecine pourrait opérer à l’autre bout de la planète seulement relié à un robot par des lunettes de réalité augmentée. Aux Pays-Bas, des services d’urgence expérimentent déjà cette technologie en équipant les premiers secours de lunettes à réalité virtuelle, directement connectées à des médecins. « Pendant les exercices, ces lunettes ont été d’une aide précieuse pour les secouristes », rapporte Bram Oosting, conseiller en innovation au sein des services d’urgence de Groningue. L’autre point décisif pour les urgences médicales sera le dispatch des arrivées afin de désengorger le service d’admission.

Pour illustrer cette problématique, Oosting prend l’exemple du traitement des grands brûlés. « Nous donnons toujours aux gens les meilleurs soins possibles, mais souvent les patients reçoivent trop de soins, explique Oosting. Prenons, par exemple, une victime de brûlures qui pourrait être transférée dans un centre de grands brûlés, en se basant sur les observations initiales sur place. Finalement, les médecins constatent que le patient aurait aussi bien pu être traité dans un hôpital général. Le traitement dans un centre de traitement des brûlures est coûteux et aurait plutôt pu être donné à des patients qui en avaient plus besoin »

Un impact global

Sauver des vies ne sera pas le seul point fort de cette révolution 5G. Tous les secteurs y trouveront leur compte. Avec la 5G, la réalité virtuelle prendra une autre dimension : il sera possible de voyager sans se déplacer, de regarder un match en ayant le sentiment d’être sur le terrain, de visiter un appartement depuis son canapé ou de revivre ses vacances à l’infini… Pour le moment, c’est le domaine du divertissement qui va profiter des possibilités de la 5G. En 2020, les Jeux olympiques au Japon seront équipés de la technologie et le spectateur pourra pointer son smartphone sur un athlète, depuis les gradins du stade, pour obtenir des informations sur ce dernier. C’est bien ce que les opérateurs veulent mettre en avant : l’immersion dans le divertissement via la réalité virtuelle.

Un petit parfum de Black Mirror, dites-vous ? Absolument. Un essai réalisé au Texas en début d’année a déjà montré un aperçu de la manière dont la 5G pourrait transformer nos habitudes d’achat. Certaines enseignes proposent déjà des bornes en magasins permettant de visualiser les stocks, les tailles et de commander. Allons plus loin et imaginons des cabines d’essayage connectées qui choisiraient les modèles qui siéent le mieux à l’acheteur en fonction de sa morphologie et qui vous habillent virtuellement avant de vous proposer le rendu en haut définition sur votre smartphone, lui-même bien plus performant.

Dans le milieu du jeu vidéo, on parle tout simplement d’un âge d’or à venir. Avec une augmentation des débits et une réduction des latences, les e-sportifs pourraient enfin jouer en streaming sans décalage. Si la 5G tient ses promesses, la vitesse transformera le monde du jeu vidéo et les décalage de connexion ne seront plus qu’un lointain souvenir. Car dans le eSports, un dixième de seconde peut faire une grande différence. En 2017, l’équipe sud-coréenne MVP.Hot6ix s’était envolée vers Singapour après s’être aperçue que le décalage était plus important en Corée du Sud qu’à Singapour, la désavantageant lors d’une compétition. En 2019, la Corée du Sud sera le premier pays à adopter les réseaux 5G.

Le futur a un prix

Si la 5G révolutionnerait bien des milieux et changeraient la vie et le travail de milliers d’utilisateurs, le déploiement des infrastructures aurait un coût conséquent. Une nouvelle qui n’a pas l’air de ravir les utilisateurs américains comme le prouve une étude menée par la société d’experts-conseils PwC. Cette enquête, menée sur 1 000 utilisateurs d’Internet fixe et mobile, montre que seulement un tiers d’entre eux sont prêts à payer plus cher pour la 5G. En moyenne, les clients seraient prêt à payer en moyenne 5,06 $ de plus par mois pour un service Internet 5G fixe et 4,40 $ de plus par mois pour de l’Internet 5G mobile. Cette technologie semble être plus attrayante pour les moins de 40 ans qui sont 38 % à être prêt à payer un surcoût (contre seulement 25 % des plus de 40 ans). Dans l’Hexagone, la question du prix sème le doute.

Aucun opérateur n’a pour l’instant dévoilé sa grille tarifaire. Pour le moment, quelques villes seulement ont fait le test de la technologie 5G, comme Bordeaux, Lille, Marseille et Paris. Il faudra attendre 2020 pour que l’installation progressive soit mise en marche dans l’entièreté de la France et son accès total ne sera pas disponible avant 2023. Le temps pour les utilisateurs de revoir leur copie et de, peut-être, accepter de mettre la main au portemonnaie. En attendant, les fabricants et les opérateurs se livrent une concurrence acharnée pour être les premiers à mettre en vente des téléphones 5G d’ici le début de 2019. Parmi les infrastructures, on attend des smartphones HD, des caméras de sécurité, des montres connectées et tout le matériel nécessaire à la réalité virtuelle et augmentée.

Le géant des télécommunications américaines Verizon a récemment proposé des services haut débit 5G aux particuliers, à Houston, Indianapolis, Los Angeles et Sacramento, coupant ainsi l’herbe sous le pied de la concurrence. En Asie, le Qatar et les Émirats arabes unis ont introduit le service 5G dans certaines zones de leurs pays. L’opérateur britannique EE, plus gros opérateur du Royaume-Unis, vient d’annoncer qu’il déploiera, courant 2019, la 5G dans 16 villes du pays. Le Royaume-Uni est le premier pays européen à confirmer le déploiement précoce sur l’ensemble de son territoire. Mais sur ce coup-là, la France n’entend pas louper le coche de la 5G.