Comme l’explique Futura Science, d’ici 2050, un grand nombre de monuments historiques risquent d’être inaccessibles, fermés – voire même détruits. En cause : les dommages liés au changement climatique, au temps, mais aussi au pillage et à la destruction de sites archéologiques, comme l’a pratiqué l’État islamique pendant plusieurs années. En ce sens, la réalité virtuelle et augmentée apparaissent comme des moyens de sauvegarder et de faire passer à la postérité ces œuvres de notre histoire. De nombreuses initiatives innovantes, développées par des musées et des entreprises, visent alors à conserver numériquement ces vestiges et ces œuvres, mais aussi à les diffuser dans le monde entier.

Google s’engage pour notre héritage

Avec le projet Open Heritage, dévoilé par Google en avril 2018, l’entreprise afin de préserver les monuments les plus menacés de notre planète. Grâce à CyArk, un organisme à but non-lucratif qui œuvre pour la conservation de sites historiques et culturels, 27 lieux symboliques sont aujourd’hui consultables en 3D, et certains d’entre eux sont également explorables en réalité virtuelle, comme les temples de Bagan en Birmanie.

Grâce à des capteurs lidar et des technologies avancées de numérisation 3D, des sites menacés comme le Mont Rushmore aux Etats-Unis ou Chichen Itza au Mexique ont pu être complètement reconstitués. Des sites antiques, comme l’ancienne Corinthe, ont également été reconstitués. Avec ce projet, Google et CyArk espèrent garder un témoignage de tous ces sites, et permettre d’éveiller les consciences à propos de leur protection.

Quartz : l’histoire en réalité augmentée

En septembre 2017, l’application de Quartz s’est dotée d’une nouvelle fonctionnalité de réalité augmentée (AR). Grâce à cette fonction AR, il est désormais possible de faire apparaître de objets juste devant soit, de tourner autour, et de les observer de manière infiniment précise. John Keefe, directeur du Bot Studio de Quartz, explique alors que cette AR servira à « élargir les histoires, en montrant aux utilisateurs des objets qu’ils n’auraient jamais vu autrement ».

Dans ces objets créés par Quartz, on trouve ainsi de nombreux vestiges et monuments historiques, comme la Pierre de Rosette ou le Mur de Berlin, apparaissant plus vrais que nature sous les yeux des utilisateurs. De cette manière, Quartz propose une visualisation ludique et interactive, tout en permettant de faire découvrir des sites ou des objets mythiques de l’histoire. « Nous pouvons aider les gens à mieux comprendre quelque chose s’ils peuvent le manipuler eux-mêmes », explique Keefe.

Recréer l’histoire de l’humanité

De nombreuses entreprises, encouragées par l’essor de la réalité virtuelle, travaillent au développement de technologies de reconstitution de sites historiques disparus ou partiellement détruits. L’une d’entre elles, la start-up australienne Lithodomos VR, a ainsi pour objectif de récréer notre passé de manière immersive et pédagogique.

Au delà de l’aspect divertissant de ces technologies, Lithodomos souhaite en effet les mettre à disposition des enseignants et des institutions scolaires afin de rendre l’apprentissage plus immersif et interactif. Deux applications ont été développée pour le moment par la start-up : Ancient World in VR permet ainsi de visiter des monuments reconstitués comme le Temple de Vénus à Rome ou l’Odéon d’Aggripa à Athènes. Ancient Jerusalem in VR quant à elle, permet de visiter la ville sainte telle qu’elle existait 2000 ans auparavant.

RV au musée

De plus en plus de musées, un peu partout dans le monde, ont également décidé de se lancer dans le développement de technologies de réalité virtuelle. Le British Museum a ainsi été l’un des premiers à proposer cette innovation. En 2015, avec l’entreprise Soluis Heritage, le musée londonien a numérisé plusieurs objets datant de l’âge de pierre, et les a matérialisé en réalité virtuelle. De cette manière, les visiteurs étaient capables de manipuler les vestiges fragiles, et même d’essayer l’un des bijoux.

En décembre 2017, le Musée d’histoire naturelle de Paris a été le premier musée français à installer une salle de réalité virtuelle permanente. Située au cœur de la Galerie de l’Évolution, elle permet ainsi d’explorer et de reconstituer l’histoire du vivant, et offre notamment la possibilité de visualiser des espèces aujourd’hui disparues.

Sauver des monuments – pour de vrai

Ces technologies ont également un autre avantage majeur : elles peuvent aider les archéologues à procéder à des projets de restauration. CyArk, l’entreprise à l’origine d’Open Heritage, travaille également à la préservation de monuments historiques grâce à la modélisation 3D depuis 2013. Comme l’explique un article publié sur Gizmodo, « CyArk offre à la fois une archive d’un site dans l’état où il a été capturé, mais aussi une chance pour les historiens et les écologistes de reconstruire ce qui était autrefois ». Certaines modélisations 3D, qui atteignent en effet une précision jamais égalée, peuvent ainsi permettre aux scientifiques d’identifier et de cibler les zones les plus endommagées sur certains sites.