Selon l’OMS, l’épilepsie touche autour de 50 millions de personnes à travers le monde. À ce jour, 30 % des cas ne peuvent pas être traités efficacement. Les médecins ne peuvent que tenter, tant bien que mal, de prévenir les crises en prescrivant certaines molécules à leur patients. Toutefois, cela pourrait changer, avec le cannabidiol. Selon une étude publiée en mai dans le New England Journal of Medicine, ce composant du cannabis réduirait de 39 % la fréquence des crises d’épilepsie dans leur forme la plus sévère. Et s’il s’agit de la dernière avancée scientifique en la matière, ce n’est pas la première fois que le cannabis est évoqué lorsqu’il s’agit de prévenir l’épilepsie. Loin de là.

Ses bienfaits ont toujours été connus

La plante de cannabis est utilisée contre l’épilepsie depuis plus d’un millénaire. Dès le Xe siècle, l’écrivain perse Al-Majusi décrivait son usage pour contrôler les crises. Il indiquait qu’il fallait extraire le jus de la feuille de chanvre avant de l’administrer au patient par voie nasale. Au XIXe siècle, John Russell Reynolds, le physicien de la reine Victoria, écrit que, si administré avec soin et de façon pure, cette plante venue d’Inde est « un des médicaments les plus précieux que nous possédons ». Plus d’un siècle plus tard, le cannabis figure sur la liste des substances interdites en raison de ses effets psychotropes. Les recherches s’arrêtent alors et ce traitement naturel est éclipsé par la médecine occidentale moderne.

Le CBD, médicament miracle

Dans un article publié dans le Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, les chercheurs expliquent les bienfaits du fameux CBD, seconde substance que l’on retrouve dans le cannabis après le THC. Et la petite substance fait des miracles : elle possède des propriétés analgésique, anti-inflammatoire, antibactérienne et… antiépileptique. Les cultivateurs ont alors réussi à faire pousser des plantes contenant autant de THC que de CBD, voire même à inverser les teneurs.

Pas de défonce en vue

Si le THC possède de forts effets psychotropes qui causent la « défonce », ce n’est pas le cas du CBD, qui le rend alors précieux pour un usage médical sans effet secondaire. Dans un article comparant les deux cannabinoïdes, Newsweed explique que « le THC vise les récepteurs du cerveau alors que le CBD préfère des récepteurs situés dans notre corps. (…) Le CBD contre d’ailleurs les effets psychotropes du THC et produit des effets calmants, recherchés par les personnes souffrant d’anxiété ou de perte du sommeil. Il abaisse également les taux de sucre dans le sang et s’est montré prometteur pour les personnes luttant contre des douleurs, la sclérose en plaques et l’épilepsie ».

Charlotte Figi et l’exode vers le Colorado

Un reportage publié en 2013 par CNN va populariser l’histoire de Charlotte Figi, petite fille habitant dans le Colorado. Chaque jour, elle était victime de 300 crises d’épilepsie. L’entreprise GW-Pharmaceuticals, qui vient alors tout juste de mettre au point l’Epidiolex, un médicament dont le CBD est l’un des principes actifs, propose alors à la famille de Charlotte de le tester. De 300 crises quotidiennes, elle passe à une seule. Elle est même capable de faire du vélo, de se promener, bref, de vivre. Dès lors, les articles se multiplient. Vice, The Denver Post, le Huffington Post retracent l’histoire de familles jusqu’ici désemparées qui ont repris espoir en apprenant le cas de Charlotte Figi et décident de s’exiler vers le Colorado à la recherche du médicament miracle.

Le CBD pourrait également sauver les animaux

Les êtres humains ne seraient pas les seuls à pouvoir bénéficier d’un traitement de l’épilepsie au CBD. Publiée dans sur ScienceDirect en 2013, une étude soutient que les vertus anti-épileptiques du cannabinoïde sont également retrouvées chez les rongeurs.