Les smartglasses, dites « lunettes intelligentes » sont, comme leur nom l’indique, des binocles qui diffusent sur leurs verres des informations comme la météo, des mails ou autres messages, un itinéraire GPS ou encore une description de l’environnement, faisant ainsi office de mini-écrans en plus de leur fonction initiale. Plusieurs grands noms de la sphère high-tech ont leur modèle, des Spectacles de Snapchat aux prototypes d’Intel. Si cet objet semble futuriste et pratique à souhait, le sera-t-il suffisamment pour mettre fin à l’hégémonie du smartphone, qui compte plus de cinq milliards d’adeptes sur Terre ? C’est loin d’être impossible.

L’échec de Google

S’il y a bien un projet emblématique du coup d’épée dans l’eau des smartglasses, c’est celui de Google. Lancées en 2013, elles qui devaient être une révolution se sont avérées n’être qu’un flop monumental. Si bien que leur développement a été arrêtée en 2015, avant même que l’objet ne voie le jour, rapportait alors Le Figaro. En cause, un design peu esthétique et surtout la suspicion des individus environnants, qui se sentent épiés par cet objet équipé de caméras. « La société ne semble pas encore prête à accepter ce lien permanent entre le monde réel et le Web », supposait alors le quotidien. En 2017, c’était toujours le cas.

Spectacles, bis repetita

Après la firme de Mountain View, au tour de Snapchat de tenter le pari de transformer les lunettes en bijou de technologie… et d’aller droit dans le mur, en 2017. Malgré des campagnes publicitaires reprenant tout l’aspect cool de l’application, les Spectacles ont floppé. Comme l’écrit The Information, seul 0,08 % des utilisateurs de Snapchat ont acheté l’objet. Sans doute la firme a-t-elle surestimé l’enthousiasme des potentiels clients pour cet objet dont la seule fonctionnalité était d’enregistrer ce que l’utilisateur regardait – avant de le poster sur Snapchat. Résultat : Evan Spiegel, fondateur de la marque, se retrouve avec des centaines de milliers de lunettes invendues. “Les gens étaient mal à l’aise à l’idée de se trouver à côté d’un utilisateur des Spectacles. Celui-ci passait pour quelqu’un de bizarre” écrit TechCrunch. Comme un air de déjà vu.

Qu’on se le dise : c’est moche

Popular Mechanics est radical. Si les Google Glasses sont un échec cuisant, c’est car il s’agit d’un objet « moche et stupide, une blague avant même que le produit ne voie le jour. D’un coût prohibitif, elles étaient vouées à l’échec. » De fait, les références au design des lunettes intelligentes de Google vont bon train. Si bien qu’on en vient à se demander si, au final, l’objet n’était pas en réalité plutôt cool mais simplement balayé pour son allure grossière. Lorsqu’interrogée sur l’importance de l’apparence du produit, l’intégralité de la planète est quasi-unanime, démontre un sondage mené en 2015 par le cabinet d’études Gfk. Et oui, le paraître prime.

Intel a la solution

Si Popular Mechanics descend Google en flammes, c’est pour mieux déballer le tapis rouge aux Vaunt, les lunettes intelligentes d’Intel qui, pour le coup, « ont l’air normales », titrait The Verge. Et c’est bien cette approche « low-tech » délibérée qui pourrait leur permettre de réussir là où leurs ancêtres ont échoués. Les lunettes d’Intel ne pèsent que 50 grammes et ont une monture noire des plus basiques. Elles sont censées fonctionner en tandem avec un smartphone, via bluetooth. Pied de nez ultime à Snapchat et Google : celles-ci n’ont pas de caméra embarquée. Du coup, vu que la Vaunt ne possède pas ce qui avait causé l’échec de ses aïeux, peut-être pourra-t-elle enfin donner ses premières lettres de noblesse au wearable prometteur. Toutefois, l’heure est plus à la complétion de l’offre du smartphone qu’au grand remplacement. Il faut bien commencer par quelque chose.

Crédits : Intel

Auteur : Mehdi Karam