Depuis 2009 et l’arrivée du bitcoin, les crypto-monnaies ont révolutionné nos systèmes de paiement. Alors que le domaine semble encore à l’état naissant, une devise apparue en 2015 pourrait en devenir le nouveau porte-étendard : l’ethereum. À première vue semblable au fameux bitcoin, il se distingue néanmoins par un procédé anti-arnaque jamais vu : le contrat intelligent. Sera-t-il néanmoins suffisant pour concurrencer le si populaire bitcoin ? Tout laisse à penser que oui, à un détail près.

Les contrats intelligents, cette révolution

Dans un article éloquemment appelé « Everything you’ve ever wanted to know about Ethereum, patiently explained », The Next Web pointe les atouts de la fameuse cryptomonnaie. Parmi ceux-ci, l’utilisation ingénieuse des smart contracts, expliquée de la sorte : deux amis font un pari. L’un prédit qu’il pleuvra demain, l’autre qu’il y aura du soleil. Chacun met 100 € en jeu. Comment être sûr, de manière concrète – outre la confiance mutuelle – que le perdant tiendra sa promesse ? C’est ici que le contrat intelligent entre en jeu. Les deux amis le programment ensemble afin qu’il verse 200 € à l’un ou à l’autre après avoir automatiquement vérifié la météo. Aucun risque, aucune arnaque. L’ethereum joue alors un rôle d’intermédiaire financier, sans lequel les contrats intelligents ne pourraient pas fonctionner

Petit ethereum grandit vite

CoinMarketCap suit en temps réel les activités en bourse des cryptomonnaies. Si le bitcoin reste en tête avec une capitalisation boursière de 57,6 milliards d’euros au 24 août 2017, il est talonné par l’ethereum, à 25,2 milliards d’euros. Si l’écart reste considérable, les deux devises n’évoluent pas à la même vitesse. Dans un comparatif datant du 10 avril 2017, Forbes relayait que le bitcoin était estimé à 19,4 milliards de dollars (soit, depuis, une évolution de 200 %) et l’ethereum à 3,9 (soit… 733 %).

Même Toronto s’y met

Depuis toujours, Toronto est considérée comme le fief du bitcoin. Pourtant, le 14 août, LocalCoinATM annonçait que leurs distributeurs automatiques de bitcoin dans la ville canadienne supportent maintenant les transactions ethereum. Dans le communiqué, ils précisent que « l’ethereum a révolutionné l’industrie de la cryptomonnaie avec ses contrats intelligents. (Nous) espérons que son utilisation va remplacer celle du dépôt fiduciaire ou du crowdfunding ».

Le bitcoin, une monnaie déflationniste

Sur son site, La Maison du Bitcoin explique que le nombre total de bitcoins a été fixé à 21 millions, indiquant que « ce nombre est gravé dans le protocole lui-même, et la création monétaire dans le monde du Bitcoin est régie par un algorithme qui augmente le nombre de bitcoins de façon régulière et ordonnée ». C’est comme s’il n’existait qu’une seule mine de bitcoins et que celle-ci allait, après avoir permis d’en tirer 21 millions, être totalement épuisée. Bien sûr, cela permet à la cryptomonnaie de conserver sa valeur et d’assurer sa liquidité. Mais cela indique également qu’elle aura, un jour, une fin. Et là, une devise sans limite, telle que l’ethereum, sera certainement là pour prendre la relève.

L’ombre au tableau

Il en faut toujours une. Cet été fut cruel pour l’ethereum, qui a été lié à de nombreux piratages. Comme le rapporte ZDNet, ceux-ci ont systématiquement eu lieu lors des Initial Coin Offering (ICO). Pour faire simple, ces ICO peuvent s’apparenter à des levées de fonds virtuelles effectuées par les entreprises. Les internautes peuvent alors acheter des « tokens » liés au projet qui les intéresse contre des etheriums ou des bitcoins. Toutefois, à de nombreuses reprises, des hackers se sont arrangés pour que cet argent finisse dans leur poche. Ils ont tout simplement piraté la messagerie et les sites des entreprises en question pour changer l’adresse du porte-monnaie dans lequel allait l’argent des contributeurs. Au total, près de 9 millions de dollars ont été dérobés entre juillet et août.