Le rapport de la fondation Abbé Pierre dévoilé en janvier 2018 est sans équivoque : plus de 9,5 millions de personnes sont mal logées. Et 143 000 d’entre elles sont sans domicile fixe. Une solution est en train de faire son apparition. Ni coûteuse ni chronophage, l’impression de logements en 3D commence à doucement (mais sûrement) faire ses preuves.

Une nouvelle histoire

24 heures. Voilà le temps qu’il faut pour imprimer une maison de 60 m² en 3D, rapporte Wired. Cette prouesse est celle d’ICON start-up américaine qui s’est associé pour l’occasion avec New Story, ONG investi dans la crise du logement. Ce miracle, nous le devons à l’imprimante 3D Vulcan, capable de sauver une famille en moins d’un jour. Le fonctionnement est le suivant : il faut y introduire un schéma expliquant la forme des murs – et comment les construire – et hop, la machine s’exécute. Il ne reste plus qu’à installer fenêtres, toit, plomberie et cablâge.

Qui plus est, les coûts sont faibles. La facture s’élève aujourd’hui à 10 000 dollars. Encore trop cher pour ICON, qui souhaite ramener le coût à 4 000 dollars pour 6 heures de construction.

Made in Russia

Preuve s’il en fallait une de l’émergence de cette technologie, la performance de d’ICON n’est pas unique. En 2017, Apis Cor, l’imprimante 3D / grue bouclait déjà l’impression d’une maison en 24h, en Russie. Bon par contre, celle-ci ne fait que 38 m2. En revanche, elle a été construite sous des températures extrêmes. Le coût des opérations est là aussi de 10 000 dollars. Bonus : afin de réaliser sa mission, Apis Cor ne consomme que… 8kW. Soit cinq bouilloires en train de chauffer de l’eau simultanément.

L’exploit nantais

Des maisons imprimées en 3D, c’est bien. Des immeubles, c’est mieux. Et ça, l’université et la métropole de Nantes savent faire, avec le projet Ynhova. En seulement 33 heures, ils bâtissaient, en septembre 2017, un logement social de 95 m2 découpé en 5 pièces. Le secret réside là aussi en l’utilisation d’une gigantesque imprimante 3D. L’Université a déposé un brevet pour la technologie Batiprint. Cette sorte de bras articulé géant est guidé par un capteur laser pour imprimer la forme définie par le schéma. Le coût de construction du bâtiment est estimé à 195 000 euros. Il semblerait que nous tenions une arme de choix face à la crise du logement.

Pod Skyscraper, le bâtiment 3D ultime

Et si on rêvait, un peu ? Présenté sur evolo, le Pod Skyscraper est un gratte-ciel… auto-imprimable. Ce bâtiment colossal est en réalité vide. À l’instar du jeu de société Puissance 4, il est ainsi possible de le remplir, petit à petit, de capsules/appartements imprimés en 3D, afin qu’il ait in fine l’allure d’un immeuble. Cela pourrait permettre à la fois de déménager en changeant simplement de location, mais en emmenant son appartement avec soi. Le lieu peut aussi faire office de distributeur, qui vend et fabrique les logements imprimés en 3D à la pelle. Car sur le toit du Pod Skyscraper sera disposée une énorme imprimante 3D capable de produire de nouvelles capsules à la demande. Bon, par contre, il ne s’agit que d’un beau projet. Reste à voir s’il verra le jour.