Les relations entre Donald Trump et la Silicon Valley n’ont jamais été très chaleureuses. Elles sont carrément devenues glaciales lorsque, le 27 janvier, le 45e président des États-Unis a décidé d’interdire l’accès du pays aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans : l’Iran, l’Irak, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen. Les dirigeants des grands groupes californiens ont en effet pris position contre cette mesure, certains allant même jusqu’à manifester dans les aéroports pour montrer leur indignation. Ces patrons savent très bien que le berceau de leur réussite, la légendaire baie de San Francisco, ne pourrait pas exister sans l’immigration. Et cela pour cinq bonnes raisons :

Plus de 50 % des start-ups américaines ont été fondées par des immigrés

C’est la conclusion d’une étude publiée par le think tank indépendant National Foundation for American Policy en mars 2016. Elle portait sur les 87 start-ups américaines pesant au moins un milliard de dollars le 1er janvier 2016. Ces compagnies, qui incluent des sociétés comme Uber, Tesla et Palantir, ont créé des milliers d’emplois aux États-Unis et injecté des milliards de dollars dans l’économie américaine. Leurs fondateurs viennent de pays aussi divers que l’Inde, le Canada, la Chine et Israël. L’un des fondateurs de Google, Sergey Brin, est d’origine russe. 

Ce sont d’autres immigrés qui font en grande partie fonctionner les entreprises technologiques

Comme le souligne un article du Washington Post, une large part des 250 000 musulmans vivant dans la baie de San Francisco sont des immigrés. Ainsi que des employés de compagnies comme Facebook, Twitter et Microsoft. Nombre d’employés de la Silicon Valley étaient donc très directement concernés par le décret « anti-musulmans » de Donald Trump. Le PDG de Google, Sundar Pichai, lui-même d’origine indienne, a affirmé dans une note interne de l’entreprise que les mesures du Président pouvaient affecter 187 de ses employés. Aux États-Unis, plus des deux tiers des employés dans l’informatique et les mathématiques sont des immigrés.

La communauté iranienne y joue un rôle clé

La communauté iranienne est particulièrement influente dans la baie de San Francisco. Certains de ses membres occupent des postes clé au sein de la Silicon Valley. Omid Kordestani, par exemple, est le PDG de Twitter. Un journal californien, The Mercury News, a publié dix de ses tweets

La plus grosse star de la Silicon Valley était d’origine syrienne

Comme le rappelle la nécrologie de Steve Jobs dans le New York Times, le père biologique du co-fondateur d’Apple, est un Syrien nommé Abdulfattah Jandali. Le très célèbre designer de l’ordinateur Macintosh incarne à lui seul l’aura légendaire qui nimbe la Silicon Valley. Il est considéré comme un créateur visionnaire, et parfois même comme un génie. Son travail à la tête d’Apple a eu un impact déterminant sur les industries culturelles et leur conversion à l’ère numérique.

Un succès international se construit de façon internationale

D’après le co-fondateur du réseau social Instagram, Mike Krieger, les idées novatrices et largement fédératrices nécessitent plusieurs perspectives. Interrogé par le New York Times, Krieger raconte que la quasi-absence de texte sur le réseau social est une des raisons pour lesquelles Instagram a rencontré un succès à la fois immédiat et international. Étant lui-même originaire du Brésil, il savait que l’utilisation de l’anglais entraverait l’adoption d’Instagram dans la plupart des régions du monde…