Le 15 août 2016, la Chine envoyait vers les étoiles le premier satellite à communication quantique du monde. Le but ? Concevoir un système de communication parfaitement impénétrable grâce à cette technologie avancée. Mission accomplie en juin 2017. Le satellite est en effet parvenu à distribuer simultanément des photons intriqués à trois différentes stations basées au sol, séparées pour certaines par 1 200 km. Voici, en cinq points, les capacités d’un réseau satellite quantique.

Une information indéchiffrable

Une information impossible à intercepter, décrypter et donc à hacker ? C’est ce que décrit Wired en relayant un article publié dans Science. Car, à la différence des méthodes traditionnelles de transmission sécurisée, le système utilise des photons (une particule fondamentale du champ électromagnétique) afin de transmettre les clés de cryptage nécessaires au décodage de l’information.

Des bulles de savon

Quand bien même les données contenues dans ces photons sont impossibles à intercepter, si jamais quelqu’un y parvient, elles exploseront, « à la manière d’une bulle de savon », explique Grégoire Robordy, co-fondateur d’une société spécialisée sur le chiffrement quantique au Wall Street Journal. Ce phénomène s’appelle l’intrication quantique et lie deux protons entre eux, bien que ceux-ci soient séparés par plusieurs kilomètres. Si jamais l’un des deux est modifié, l’autre aussi. L’idée serait donc d’envoyer un des photons tout en gardant l’autre sous surveillance.

Oubliez la fibre optique

En « téléportant » un photon depuis le satellite à la station sur Terre, séparés par 1 203 km de distance, la Chine a pulvérisé le précédent record en la matière, qui était de 100 km, indique New Scientist. Si nous avions utilisé la fibre optique pour réaliser une telle transmission, la perte récurrente du signal causée par la distance ne permettrait d’envoyer qu’une seule paire de photons par seconde. « Nous avons multiplié cette efficacité par 12 », indique Jian-Wei Pan de l’université des sciences et de la technologie de Hefei.

À quand un tel réseau ?

La Chine « peut espérer la création d’un réseau mondial de communications quantiques vers 2030 », indique Jian-Wei Pan à Xinhua, avant d’ajouter que « ce satellite marque un tournant dans le rôle de la Chine. Elle passe de celui de “suiveuse” en matière de développement de technologies de l’information classiques à celui de leader menant les futurs accomplissements du secteur. »