La Chine est le plus gros pollueur de la planète. Pourtant, d’ici 2020, le pays entreprend la création de Liuzhou Forest City, ville totalement verte située non-loin de la commune déjà-existante de Liuzhou. Ses futurs 30 000 habitants évolueront dans une agglomération verte et écolo, dont les arbres absorberont la pollution et produiront environ 900 tonnes d’oxygène. Si l’initiative est louable, est-il raisonnable d’imaginer une même transformation à l’échelle des plus grandes mégalopoles de la planète ? La réponse est oui. Lentement, certes, mais sûrement. Voici un mode d’emploi.

Comme Copenhague, on se met au vélo

La capitale danoise a un rêve : n’émettre aucun carbone. Une ambition portée par les citoyens, écolos dans l’âme. Selon Libération, en 2016, deux habitants de Copenhague sur trois ne possédaient pas de voiture. Ils préfèrent le vélo, devenu bien plus rapide et efficace, grâce aux investissements massifs de la ville dans les infrastructures cyclables. Au dernier comptage, en 2015, 41 % des Copenhaguois se rendaient au travail en vélo. De bon augure pour Copenhague, qui vise un taux de 50 % à l’horizon 2025, ce qui permettrait de réduire encore entre 10 000 et 20 000 tonnes les émissions de CO2 par an, déjà diminuées de 100 000 tonnes.

Comme San Francisco, on pense à recycler

En 2002, la ville californienne s’est lancée le défi de ne plus envoyer aucun déchet en décharge ou en incinérateur d’ici 2020. Pour y arriver, de nombreux camions déversent notamment à Vacaville (petite ville située à 1 h de route de San Francisco) les déchets organiques, qui finiront sous forme de compost, explique Le Monde. En plus de cela, la vente de bouteilles d’eau en plastique ainsi que de sacs plastiques ont été interdites. En 2006, la ville a carrément obligé tous les professionnels du bâtiment à recycler au moins 65 % de leurs débris tels le béton, le métal ou encore le bois, dans des centres agréés, sous peine d’être suspendu six mois. Et de telles mesures portent leurs fruits : en 2014, SFEnvironment rapportait que la ville avait dépassé les 80 % de recyclage.

Comme Mexico, on multiplie les actions

À Mexico, la pollution a tué près de 14 000 personnes en 2008, selon le Clean Air Institute. Afin de stopper l’hécatombe, la ville multiplie les initiatives depuis 2014 et le lancement du « programme d’actions climatiques 2014-2020 » du maire Miguel Angel Mancera. Parmi ces quelques 69 actions, la construction de 55 km de pistes cyclables jumelées au déploiement de 3 600 Ecobicis (cousin du Velib’), des jardins verticaux (filmés par Reuters) et la replantation d’un million d’arbres d’ici 2018. La dernière date de mai 2017, lorsque Veolia a signé un contrat de près de 900 millions d’euros pour un incinérateur. Sa chaleur produira l’électricité nécessaire au métro de la capitale, rapportent Les Échos.

On confie les plans à Stefano Boeri, l’architecte à la main verte

Les forêts verticales de Milan et Paris, c’était lui. Celle prévue pour 2018 à Nanjing en Chine et qui devrait s’étaler sur deux gratte-ciel, nous la lui devrons également.  Aujourd’hui, l’architecte italien Stefano Boeri porte toute la responsabilité de faire de l’Empire du Milieu une terre plus verte, raconte Fast Company. Car après ses forêts verticales, Boeri est désormais en charge du chantier géant de la ville de Liuzhou. Cette initiative, qu’il qualifie de « greffe », sera un « écosystème à la biodiversité folle situé au centre d’un environnement très pollué. Il pourrait fortement contribuer à l’absorption de CO2 et de pollution ainsi qu’à la production d’oxygène. »

Et si on ne construisait plus qu’à partir de bois ?

Mais pas n’importe quel bois. Du bois translucide et trois fois plus résistant que le bois « traditionnel ». Cette matière brevetée, on la doit à Woodoo, la start-up créée en 2016 par le Français diplômé en Architecture à l’ENSA de Versailles et en Science des matériaux à Harvard, Timothée Boitouzet. Puisque le bois brut contient entre 60 et 90 % d’air, « Woodoo explore la porosité naturelle du bois et reconstruit à l’échelle moléculaire la structure du végétal en s’appuyant exclusivement sur des procédés verts et durables », explique la start-up sur son site. Le procédé consiste en deux étapes : « La déstructuration sélective de la matrice du bois et le retrait de la lignine qu’elle contient » – la lignine est une fibre présente à 35 % dans le bois qui lui donne son aspect rigide. Et « l’infiltration de la matrice altérée du bois par des composés qui polymérisent in-situ ». Une technologie adoubée par la MIT Technology Review, qui place Timothée Boitouzet dans son fameux classement des Innovators under 35.